Modifié le 12 septembre 2017

"Le big data est une chance pour l’économie et pour toute la société"

Vignette
Interview de Philipp Metzger, directeur de l'OFCOM On en parle / 33 min. / le 12 septembre 2017
La Suisse est bien positionnée pour profiter de la numérisation des données personnelles. C'est ce qu'affirme le directeur de l'OFCOM Philipp Metzger dans une interview diffusée mardi dans l'émission On en parle.

Le 13 décembre dernier, On en parle avait lancé Datak, un jeu en ligne pour comprendre les enjeux du big data qui résultait d'une longue enquête sur la récolte des données (voir encadré).

Tout au long de cette enquête, la grande majorité des spécialistes interrogés se sont montrés inquiets par la situation suisse. Certains ont par exemple évoqué le fait que très peu de parlementaires étaient au fait des questions que posent le big data et que les autorités étaient très en retard.

Un avis que ne partage pas le directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM) Philipp Metzger, interrogé dans l'émission de la RTS: "Je ne pense pas que l’on soit en retard. Je pense que la Suisse est bien positionnée pour profiter de cette numérisation à l’avenir".

Avantage ou danger?

Le big data constitue-t-il un avantage, notamment pour l’économie, ou un danger pour la sphère privée? "Il est une chance, pas seulement pour l’économie, mais aussi pour toute la société", répond le directeur de l'OFCOM.

Et d'ajouter: "Nous devrons à l’avenir nous poser des questions d’ordre tout à fait fondamental et éthiques. Est-ce que, par exemple, c’est une bonne chose de faire primer la protection d’une donnée personnelle sur la vie de quelqu’un?".

"Il faut être plus offensif"

Selon le directeur de l'OFCOM, il faut voir en cette numérisation une opportunité: "On a en suisse souvent des réflexes un peu défensifs, un peu négatif, protecteurs... Ici, il s’agit vraiment d’être plus offensifs, en acceptant, bien sûr, qu'il y a aussi des défis et des risques majeurs, des craintes dans la population".

Pour lui, il s'agit de trouver un bon équilibre: "Il faut encadrer tout ça sans que cela devienne un plan directeur du gouvernement, car ce n'est pas lui qui va savoir in fine, et à tout moment, quels sont les bons plans pour la numérisation".

>> Lire aussi: La RTS lance Datak, le jeu qui interroge notre gestion des données

Propos recueillis par Julien Schekter

Publié le 12 septembre 2017 - Modifié le 12 septembre 2017

Neuf mois de négociations avec la Confédération

Le 13 décembre dernier, On en parle a lancé Datak, un jeu pour comprendre les enjeux du big data. Celui-ci ponctuait un travail de 18 mois d’enquête intitulée "Donnez-moi mes données".

Le jour du lancement du jeu, l'émission avait invité le conseiller fédéral Alain Berset pour parler de prévention dans l’éducation au numérique, mais également pour connaître la stratégie politique du Conseil fédéral sur les enjeux du big data.

Or, les services du ministre Alain Berset ont décliné l'invitation, invoquant une indisponibilité. Après une nouvelle invitation et cinq mois d'attente, plusieurs départements ont répondu par écrit aux exemples de questions envoyé par On en parle.

Des réponses partielles et sans réelle prise de position politique. Insatisfaite, l'équipe d'On en parle relance alors une demande d'interview orale pour la radio, à laquelle le service de communication du Conseil fédéral a répondu: "Il a été décidé de renoncer à une interview orale avec un membre du Conseil fédéral."

Face à l'insistance de l'émission, le directeur de l'OFCOM Philipp Metzger a finalement accepté l'interview.