Modifié le 10 janvier 2017

Dix ans après, les homosexuels boudent le partenariat enregistré

Partenariat enregistré: les homosexuels le boudent
Partenariat enregistré: les homosexuels le boudent 19h30 / 2 min. / le 09 janvier 2017
L'enthousiasme des débuts est retombé. Après avoir conquis de nombreux couples lors de son entrée en vigueur il y a dix ans, le partenariat enregistré est aujourd'hui jugé "stigmatisant" par les homosexuels.

Accepté à 58% par le peuple le 5 juin 2005, le partenariat enregistré a fait son entrée à l'état civil suisse il y a désormais dix ans. Union civile qui permet aux couples homosexuels de s'engager officiellement, elle devait à l'origine corriger une inégalité puisque seuls les hétérosexuels pouvaient alors s'unir devant le maire. Mais après avoir fait le bonheur des couples de la première heure, ce contrat réservé aux homosexuels est désormais jugé "stigmatisant" par plusieurs d'entre eux qui préfèrent ne pas le signer.

Ainsi, de 2004 partenariats enregistrés en 2007, lors de l'entrée en vigueur de la loi, le nombre de couples de même sexe à avoir officialisé leur relation est tombé à 701 en 2015.

Libre choix du coming out

Le partenariat enregistré "est une marque qui est apposée sur divers documents et donc sur les individus. Dès lors, c'est une stigmatisation: on n'a plus la possibilité de choisir si on veut le révéler ou non", explique au 19h30 Florent Jouinot, qui lutte pour les droits des homosexuels.

"Typiquement, pour aller chercher un emploi, il faut fournir un certain nombre de documents et il arrive que le partenariat enregistré soit mentionné sur certains d'entre eux. Or, dans un tri des candidatures, cela pourra conduire à l'élimination du dossier", précise le militant.

Un "mariage pour tous"?

Carine Landolt regrette que la Suisse n'ait pas directement adopté un mariage civil pour toutes et tous. "On avance pas à pas et il faut aussi, je pense, respecter l'évolution des mentalités", commente celle qui est aussi la porte-parole du réseau professionnel des femmes lesbiennes en Suisse romande. "Dans l'idéal, si on avait eu une baguette magique, on aurait fait en sorte de n'avoir aucune discrimination dès le départ", ajoute-t-elle.

La baisse du nombre de partenariats enregistrés préfigure le prochain débat qui attend la Suisse dès 2018, autour de la question du "mariage pour tous".

>> L'analyse de Manuel Tornare (PS/GE):

Partenariat enregistré: l’analyse de Manuel Tornare, Conseiller national PS - GE
19h30 - Publié le 09 janvier 2017

Miroslav Mares/Juliette Galeazzi

Publié le 09 janvier 2017 - Modifié le 10 janvier 2017