Modifié le 03 octobre 2016

La Confédération installe Windows 10 malgré une enquête toujours ouverte

Windows 10 va être installé sur tous les ordinateurs de l’administration fédérale.
Toujours sous enquête, Windows 10 est adopté par la Confédération On en parle / 9 min. / le 03 octobre 2016
L’administration fédérale s'apprête à installer le système d’exploitation Windows 10 sur tous ses ordinateurs alors qu’une enquête du préposé fédéral à la protection des données est toujours ouverte. La RTS fait le point.

L’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT) entamera bientôt le passage à Windows 10 sur tous les ordinateurs de l’administration fédérale.

Une décision surprenante, sachant qu’une enquête du préposé fédéral à la protection des données, ouverte en août 2015, est toujours en cours, portant sur la détection et la transmission automatique de données personnelles à Microsoft et ses partenaires (lire encadré).

Contrairement aux écoles valaisannes qui ont appliqué le principe de précaution en différant la mise à jour de ses ordinateurs, en attendant les conclusions de l’enquête, la Confédération se montre confiante quant à la préservation des données des citoyens: "Le système actuel - Windows 7 - ne va plus être supporté par Microsoft dans quelques années. Nous nous devons donc de préparer une transition (...) Windows 10 s'imposait par toutes les applications qui y sont intégrées", explique Giovanni Conti, directeur de l’OFIT et ingénieur en informatique, dans l'émission On en parle lundi.

"Il n'y a pas de chantage de la part de Microsoft"

Giovanni Conti ne se dit pas choqué par la pratique du géant américain de l'informatique: "Je ne considère pas cela comme du chantage. C'est une pratique courante dans l'industrie informatique". Et de souligner que les précautions nécessaires ont été prises par l'OFIT pour limiter le niveau de télémétrie, c'est-à-dire l'envoi de données des utilisateurs à Microsoft: "Par le biais de la télémétrie, aucune donnée ne transitera. Lorsque nous devons, pour des questions de support, mettre à disposition des données à nos fournisseurs - que ce soit Microsoft ou d'autres - nous le faisons dans un processus contrôlé".

L'OFIT espère désormais obtenir des garanties de la part de Microsoft: "Nous sommes encore en train de fermer les verrous. Nous avons prochainement une réunion avec Microsoft pour cette validation et pour qu'ils nous garantissent le support de l'application sous ces conditions", assure le directeur de l’OFIT.

Partage

Les privés pourront-ils profiter de cette version sécurisée du système? "C'est quelque chose que l'on peut facilement partager avec des environnements plus techniques, tels que des exploitations informatiques des autorités cantonales par exemple. Mais pour les citoyens, cela reste des éléments très techniques et pointus qui restent inabordables."

A noter que le Conseil fédéral a décidé vendredi de restreindre la transmission de données aux prestataires informatiques externes.

hend avec Yves-Alain Cornu

Publié le 03 octobre 2016 - Modifié le 03 octobre 2016

Données des utilisateurs transmises à Microsoft et ses partenaires

En 2015, Microsoft a proposé une mise à jour gratuite de tous les ordinateurs pour Windows 10. Cependant, il apparaît rapidement que ce nouveau système d’exploitation collecte et transmet automatiquement les données des utilisateurs à Microsoft et ses partenaires. Ces données comprennent notamment les contacts, le calendrier, la voix par le micro de l’ordinateur ou l'historique des frappes sur le clavier.

L'objectif annoncé par le géant américain de l'informatique: cibler à la perfection les publicités qui s’affichent sur nos écrans. Une transmission qui peut être empêchée partiellement au moyen de manipulations compliquées.

Le préposé fédéral à la protection des données a ouvert une enquête en août 2015. Les conclusions n’ont toujours pas été rendues, il apparaît d'ores et déjà qu’une série de problèmes ont été constatés. En Valais, le préposé cantonal à la protection des données, Sébastien Fanti, se montre particulièrement méfiant. En attendant les conclusions du préposé fédéral, il déconseille aux administrations de passer à Windows 10, pour éviter "une communication de données irréversible et susceptible de causer un dommage irréparable aux droits de la personnalité des citoyens".