Modifié le 24 juin 2016

Etablie en Valais, l'Eglise essénienne chrétienne inquiète des associations

L'Eglise essénienne chrétienne est actuellement active à Bramois (VS) et à Cudrefin (VD)
L'Eglise essénienne chrétienne est actuellement active à Bramois (VS) et à Cudrefin (VD) 19h30 / 3 min. / le 14 mars 2016
L'Eglise essénienne chrétienne compte un millier de fidèles dans le monde, dont une centaine en Suisse. Comparé à l'Ordre du temple solaire, ce mouvement inquiète les associations de lutte contre les sectes.

Ce nom ne vous dit peut-être rien: l'Eglise essénienne chrétienne. Ce groupuscule ésotérique croit au au pouvoir des anges et des guérisseurs et appelle à la méditation. Dans le monde, le mouvement compte un millier d’adeptes - les femmes sont appelées vestales esséniennes et les hommes ministres esséniens. Il compte une centaine de membres en Suisse.

Ce mouvement religieux, aux contours mal définis, se revendique chrétien, mais il n'est affilié à aucune religion. L'Eglise essénienne chrétienne, aussi appelée Nation essénienne, inquiète les associations qui luttent contre les dérives sectaires.

Son fondateur et maître spirituel, le Français Olivier Martin, alias Olivier Manitara, a d'ailleurs été qualifié "sinistre" gourou aux "thèses apocalyptiques" par Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), un organisme lié à l'Etat français.

Deux "villages esséniens"

Très présent sur le web, le mouvement génère des bénéfices dans la commercialisation de ses ouvrages et de ses conférences. L’initiation essénienne se transmet au cours de six formations que le disciple peut suivre en été au Canada moyennant 10'000 francs. Les comptes de l'organisation sont secrets. Olivier Manitara a par ailleurs été condamné en France pour abus de biens sociaux.

Le siège européen du mouvement se situe en Valais. Les adeptes se retrouvent une fois par mois à Sion pour pratiquer la méditation. Dans l'Aveyron, en France, se trouve l'un des deux villages communautaires esséniens. Les adeptes occupent un hameau isolé et vivent en autarcie. Vingt-neuf familles y seraient installées. Olivier Manitara serait quant à lui installé au Canada, dans un autre village essénien.

>> Les explications d'Annabelle Durand dans le 19h30 du 14 mars:

Mouvements sectaires en Suisse: décryptage d'Annabelle Durand
19h30 - Publié le 14 mars 2016
 

Annabelle Durand

Publié le 14 mars 2016 - Modifié le 24 juin 2016

Un mouvement comparé à l'Ordre du temple solaire

D’après le Centre intercantonal d'information sur les croyances (CIC), Olivier Manitara, né en France en 1964, se présente comme un nouveau prophète et se compare à Krishna, Bouddha et Jésus-Christ.

Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, il raconte avoir fait des expériences mystiques et avoir surmonté des épreuves initiatiques.

En France, la Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires conseille d’être prudent à l’égard de l’Eglise essénienne chrétienne en raison de thèses mystiques sur un nouvel âge d’or proches de celles de l'Ordre du temple solaire (OTS).

La position de l’Eglise essénienne chrétienne

« Après diffusion, l’Eglise essénienne chrétienne nous fait savoir qu’elle ne partage pas l’avis des personnes qui s’expriment dans le sujet. En particulier, elle conteste l’appartenance de « Sébastien » à l’Eglise essénienne chrétienne. Et précise que c’est pour des raisons personnelles que l’amie d’ « Yvonne » a rompu ses relations avec l’intéressée. L’Eglise essénienne chrétienne incite ses membres à entretenir avec leur entourage des relations positives, bénéfiques et régulières, fondées sur la famille, l’amour, le respect et la tolérance. Elle se distancie en cela des thèses de l’OTS qu’elle condamne ».