Modifié le 19 février 2016

L'Union européenne s'attaque aux fusils d'assaut suisses

La Fédération sportive suisse de tir (FST) rejette en bloc les propositions de la commission européenne.
La Fédération sportive suisse de tir (FST) rejette en bloc les propositions de la commission européenne. [Gaetan Bally - ]
Après les attentats terroristes de Paris, la Commission européenne veut durcir la législation sur les armes. Certains voient déjà rouge en Suisse après ce rapport dévoilé vendredi.

La Suisse étant membre de l'espace Schengen, elle est obligée de reprendre de nouvelles règles dans son droit. Sinon, elle pourrait dans le pire des cas devoir se passer de la coopération en matière de douane, de justice et de police et donc aussi d'asile.

Le projet européen de durcissement du droit sur les armes date de mi-novembre. Outre l'illégalité du commerce sur internet et des règles plus strictes pour la mise hors service des armes, il prévoit d'interdire les armes à feu civiles qui ressemblent à des armes militaires automatiques comme les fusils d'assaut semi-automatiques.

Fortes résistances

Ces armes sont très dangereuses en raison de leur capacité de munition et parce qu'elles peuvent être facilement transformées en armes automatiques, justifie la Commission européenne.

Un tel changement suscite de fortes résistances en Suisse. Cela va trop loin, s'insurge ainsi la présidente de la Fédération sportive suisse de tir (FST) Dora Andres, qui loue l'actuelle législation sur les armes.

ats/olhor

Publié le 19 février 2016 - Modifié le 19 février 2016

Examen médical nécessaire

Les fusils d'assaut semi-automatiques qui peuvent être achetés avec un permis sont couramment utilisés pour le tir sportif. Avec le projet, les chasseurs, les tireurs et les collectionneurs devraient en outre prouver que l'achat d'une arme répond à un besoin et ne pourraient obtenir de permis sans examen médical.

Les militaires ne pourraient par ailleurs plus rapporter leur arme d'ordonnance à la maison à la fin de leur service. Les dizaines de milliers d'adeptes du tir sportif et l'influent lobby des armes seraient ainsi touchés au coeur.

Front du lobby des armes

Le droit doit être appliqué de manière rigoureuse, "il n'a pas besoin d'être durci". La Fédération sportive suisse de tir (FST) rejette en bloc les propositions de la Commission européenne.

Le lobbying s'effectue pour l'instant à Bruxelles via la European Shooting Confederation. Mais la présidente de la FST Dora Andres ne veut pas attendre que les dés soient jetés. "Nous voulons que l'Office fédéral de la police nous confirme par écrit qu'aucune adaptation n'est nécessaire. Sinon, nous passerons à l'offensive politique."

Ces paroles ne doivent pas être prises à la légère. Avec ses 130'000 membres, la fédération peut facilement faire aboutir un référendum.