Publié le 26 janvier 2016 - Modifié le 27 janvier 2016

AQMI revendique l'enlèvement de la Suissesse au Mali dans une vidéo

Béatrice Stockly lors de sa libération en 2012.
Le DFAE refuse de négocier avec Al Quaïda au Maghreb islamique Le 12h30 / 1 min. / le 27 janvier 2016
Dans une vidéo diffusée mardi soir, Al-Qaïda au Maghreb islamique s'adresse au gouvernement suisse, à qui il demande la libération de prisonniers retenus au Mali en échange de la Suissesse Béatrice Stockly enlevée à Tombouctou.

"Nous nous déclarons responsables de l'enlèvement de cette infidèle", déclare en anglais un homme masqué dans une vidéo diffusée mardi soir par al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), en parlant de la Suissesse enlevée à Tombouctou le 7 janvier.

Dans son message intitulé "la question de nos prisonniers", le groupe djihadiste adresse des demandes au gouvernement suisse en échange de la libération de l'otage. AQMI exige "la libération de prisonniers détenus par le gouvernement malien à Bamako" et le retour d'un "frère capturé au Niger et remis aux forces internationales".

Contacté par la RTS, le Département fédéral des affaires étrangères indique que "les vérifications sont en cours" et qu'il ne souhaite pas commenter pour l'heure ces informations.

La Suissesse apparaît

La missionnaire bâloise Béatrice Stockly semble apparaître à la fin de cette vidéo de 8 minutes. Voilée, la femme indique simplement son nom, le moment de sa capture et les raisons pour lesquelles elle était venue au Mali. Elle mentionne également l'attaque de Ouagadougou, ce qui laisse penser qu'une partie du film a été tournée après le 19 janvier.

La Suissesse vivait depuis plusieurs années à Tombouctou, où elle était revenue s'installer après avoir déjà été victime d'un rapt par des djihadistes en avril 2012.

Valentin Tombez, Mélanie Ohayon et Marc Renfer

Kidnappée et relâchée par Ansar Dine en 2012

En 2012, Béatrice Stockly avait été relâchée après quelques jours de captivité par le groupe islamiste Ansar Dine, qui contrôle la cité historique de Tombouctou. Sa libération était intervenue après une médiation du Burkina Faso, bien que le pays ainsi que les ravisseurs nient le versement d'une rançon.

Selon un porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou à l'époque, "la seule condition que nous avons posée est qu'elle ne revienne plus chez nous". "Elle profite de la pauvreté et de l'ignorance de nos enfants", avait-il accusé. La Suissesse avait toutefois refusé de quitter Tombouctou.