Publié le 14 décembre 2014 - Modifié le 14 décembre 2014

La Suisse s'achemine vers un manque chronique de pompiers volontaires

Y a le feu au lac
Y a le feu au lac Mise au Point / 13 min. / le 14 décembre 2014
Les effectifs des sapeurs-pompiers volontaires ne cessent de diminuer en Suisse et notamment dans le canton de Vaud, où il manque quelque 200 volontaires, révèle dimanche l'émission Mise au Point.

Seules les grandes villes de Suisse disposent de corps de pompiers professionnels. La plupart des 100'000 sapeurs que compte le pays sont des volontaires. Ce système de milice, fondement de la défense incendie helvétique, est menacé par une baisse régulière des effectifs.

Le canton de Vaud enregistre la plus grande érosion. Alors qu'il comptait 18'000 volontaires en 1995, il n'en reste plus que 6500 aujourd’hui, selon les chiffres avancés par François Iff, inspecteur de l'Etablissement Cantonal d'assurance (ECA), dans l'émission Mise au Point.

Taxe pour tous

Une des raisons de cette diminution découle de la nouvelle loi cantonale de 2011 qui a réinstauré la taxe pompier pour tous les citoyens. Fini le temps où porter le casque permettait de l'éviter.

A terme le remplacement du système de volontaires par des corps de sapeurs professionnels n'est pas à exclure. Mais il "coûterait dix fois plus cher à la société", explique François Iff.

Raphaël Guillet/sbad

La professionnalisation pourrait entraîner la fermeture de casernes

Le Président de la Fédération vaudoise des Sapeurs-pompiers, Cédric Fagherazzi, précise pour sa part que si le volontariat devait être remplacé par un service professionnel la qualité du service risquerait d’en souffrir. "La professionnalisation entraînerait des fermetures de caserne, et donc des distances plus grandes pour les interventions hors des villes".

La limite du volontariat

Le major Eric Henry, commandant des sapeurs de la région de Morges, faisait part de ses interrogations jeudi dernier lors de son rapport annuel: "en 2014, nous recensons plus de 570 activités, formations, cours, recyclages, correspondant à plus de 20'000 heures, interventions comprises. Certains d’entre vous totalisent plus de 400 heures d’engagement sur l’année, ce qui équivaut à une journée de travail supplémentaire par semaine. Je pense que nous sommes à la limite du possible pour le volontariat".