Modifié le 12 décembre 2014

Sous pression, Didier Burkhalter s'explique sur la conférence sur la Palestine

Réunis sous l'égide du médiateur international pour la Syrie Lakhdar Brahimi, les Etats-Unis et la Russie préparent la conférence Genève 2.
Israël critique la conférence pour la paix en Palestine organisée par la Suisse Forum / 17 min. / le 11 décembre 2014
Attaquée par Israël et les Etats-Unis, la Suisse maintient l'organisation à Genève d'une conférence internationale sur la situation dans les territoires palestiniens. Didier Burkhalter a éclairci la position du DFAE jeudi à la RTS.

Alors qu'une conférence internationale doit se tenir le 17 décembre à Genève, pour débattre notamment du droit humanitaire sur les territoires palestiniens, la Suisse a subi des pressions, notamment de la part d'Israël et des Etats-Unis, pour en annuler l'organisation.

Le département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a cependant confirmé la tenue de la rencontre, consacrée au respect du droit humanitaire, notamment de la 4e Convention de Genève. Son chef Didier Burkhalter s'en est expliqué jeudi au micro de la RTS.

Crainte de "bashing"

"La Suisse est dépositaire des Conventions de Genève. Elle avait comme mandat de consulter le monde, elle l'a fait, pendant plusieurs semaines."

De vives résistances se sont alors opposées à la conférence, de la part d'Israël, mais également des Etats-Unis. "On a dû travailler beaucoup pour montrer à Israël qu'il ne s'agissait pas de faire du "bashing" de l'un ou l'autre des pays. On peut comprendre sa crainte de se voir mettre au ban des accusés, alors que ce n'est pas le but", explique Didier Burkhalter.

"La Suisse abuse"

Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, estime de son côté que la Suisse "abuse de manière flagrante de sa position privilégiée." Ce sera un tribunal, "aux conclusions dirigées par avance", affirme-t-il.

"Le but est de montrer que la communauté internationale est attachée au droit international humanitaire et veut protéger les plus faibles. Il n'y a pas de veto. Ce n'est pas parce qu'un ou plusieurs pays ne viennent pas que la communauté internationale doit arrêter de se poser des questions et s'exprimer", précise Didier Burkhalter, soulignant qu'il n'existe pas pour l'heure de moyen de pression pour faire respecter le droit humanitaire.

kkub

Publié le 11 décembre 2014 - Modifié le 12 décembre 2014

Boycott annoncé

Israël, les Etats-Unis, le Canada et l'Australie ont d'ores et déjà annoncé leur boycott de la session spéciale convoquée par la Suisse.

Colonies et boucliers humains au programme

Selon le quotidien israélien Haaretz, la conférence aura notamment pour points forts la critique de la colonisation par Israël des territoires palestiniens, et l'usage de boucliers humains par le Hamas et d'autres groupes terroristes.

Mandat de l'ONU

L'objectif de la conférence, qui se tiendra le 17 décembre, est de réaffirmer le droit international humanitaire applicable dans les Territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.

Sollicitée par les Palestiniens, l'Assemblée générale de l'ONU avait demandé à la Suisse en 2009 de mener des consultations en vue d'une conférence, en tant que dépositaire de la IVe Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre.