Publié le 23 novembre 2014 - Modifié le 24 novembre 2014

Une commission appelle à renoncer aux antibiotiques dans l'élevage

L'utilisation d'antibiotiques pour favoriser la croissance et la performance est déjà interdite en Suisse depuis 1999, mais une commission propose désormais une interdiction généralisée des antibiotiques dans la production alimentaire.
Interview du conseiller national PDC jurassien Jean-Paul Gschwind Le Journal du matin / 1 min. / le 24 novembre 2014
La commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique en Suisse propose d'interdire complètement l'utilisation d'antibiotiques dans l'élevage. Les agriculteurs devront prévenir au lieu de guérir.

La résistance des bactéries due à l'usage excessif d'antibiotiques prend de l'ampleur. A tel point qu'une commission d'experts pour la sécurité biologique de la Confédération exige que l'on renonce à tout antibiotique dans la production alimentaire suisse.

La résistance aux antibiotiques apparaît comme "la plus grande menace biologique pour la santé de la population en Suisse", affirme-t-elle dans un rapport rendu public par la "SonntagsZeitung".

Le problème figure en tête de liste des priorités de Berne. Une stratégie nationale devrait être présentée fin 2015.

Nouvelles mesures pour l'élevage

L'utilisation d'antibiotiques pour favoriser la croissance et la performance est interdite en Suisse depuis 1999. Mais la commission propose une interdiction généralisée, entraînant de nouvelles mesures pour l'élevage.

Au lieu de soigner, il faut miser sur la prévention, en privilégiant des espèces robustes ou en renonçant à mélanger les troupeaux de différentes exploitations.

ats/sbad

Proposition mal accueillie par les éleveurs

La proposition n'est pas bien accueillie du côté des producteurs. "Difficile d'imaginer ne pas donner un antibiotique à un animal qui souffre", a expliqué Markus Ritter, président de l'Union suisse des paysans (USP).

Il estime aussi que, dans les premiers stades de la maladie, les propriétaires d'animaux devraient recourir dans la mesure de leurs moyens, à des soins les plus naturels possible.

"Au lieu de traiter les animaux avec des antibiotiques, il faudrait les mener à l'abattoir", explique Urs Klemm, membre de la commission et ancien vice-directeur de l'Office fédéral de l'agriculture, dans les journaux.

Les humains comme les animaux ont besoin d'être soignés grâce aux antibiotiques, plaide-t-il. En revanche, il s'agit d'utiliser parcimonieusement ces médicaments". Il défend le projet d'une banque de données concernant la prescription d'antibiotiques, contenue dans la révision de la loi sur les produits thérapeutiques.

Une résistance mortelle

Selon une estimation des autorités de l'Union européenne (UE), le nombre de décès dans les pays membres en lien avec des infections aux bactéries résistantes s'est élevé à 25'000 en 2009.

En Suisse, on ne dispose que d'estimations limitées aux maladies nosocomiales. Selon le groupe d'experts SwissNoso, quelque 2000 patients meurent chaque année parce que les antibiotiques n'ont pas eu d'effets.

En débat aux Etats dès lundi

Le Conseil national a aussi introduit une mesure dans ce sens lors de la révision de la loi sur les produits thérapeutiques. Le Conseil fédéral doit avoir la compétence de réduire l'usage d'antibiotiques en médecine vétérinaire. Le Conseil des Etats se penchera sur la révision de cette loi pendant la session d'hiver qui débute ce lundi.