Modifié le 12 juillet 2014

La Confédération vise une privatisation accrue du transport régional

La ligne du MOB au-dessus de Montreux.
Le MOB est l'exemple d'une entreprise visée par la stratégie de l'OFT. [Martin Ruetschi - Keystone]
L'Office fédéral des transports à l'idée d'augmenter la participation du secteur privé dans les entreprises de transport régional pour faciliter la concurrence, selon un document publié jeudi.

Dans sa stratégie pour 2030, l'Office fédéral des transports (OFT) envisage d'augmenter la part du secteur privé dans l’actionnariat des entreprises de transport régional. Ce but est inscrit dans un document publié jeudi soir.

"La part des pouvoirs publics à la propriété des entreprises de transport ferroviaire est sensiblement réduite", se donne comme objectif l'OFT dans sa "Stratégie pour l'avenir des transports publics". L’OFT imagine ainsi une offre fournie par toujours plus "d’entreprises privées à but lucratif".

Faciliter une plus grande concurrence

"L'idée est d'inciter les cantons à vendre au secteur privé leurs participations dans les petites entreprises" de transports, a expliqué la porte-parole de l'OFT. "Nous voulons introduire une plus grande concurrence", poursuit-elle.

Il s’agirait notamment de séparer les rôles: l’Etat se contenterait de commander des prestations et resterait responsable de l’infrastructure, tandis que les privés fourniraient l’offre, selon la porte-parole.

ats/gchi

Publié le 12 juillet 2014 - Modifié le 12 juillet 2014

Petites sociétés et mises au concours

Les entreprises visées seraient surtout des petites sociétés comme le MOB (Montreux - Oberland bernois), Aare Seeland mobil (ASM) ou AAR bus+bahn.

Ce projet ne concerne pas les CFF, car cette compagnie est "la seule qui assure du trafic grande ligne où il n'y a pas de concurrence".

En outre, la stratégie 2030 de l’OFT prévoit d’obliger les pouvoirs publics à mettre au concours les lignes ferroviaires du trafic régional comme c’est déjà le cas pour le secteur des bus depuis la réforme des chemins de fer d’il y a deux ans.

Actuellement, la loi ne prévoit que la possibilité mais non l’obligation de mise au concours pour le rail.

Inacceptable, estime le syndicat SEV

Le Syndicat du personnel des transports (SEV), qui a pris connaissance du document de l’OFT, monte déjà aux barricades.

Il est inconcevable d’inciter les cantons et communes à privatiser leurs transports publics, explique Peter Moor, porte-parole du SEV.

"Dans le cas de AAR bus+bahn, quelques communes ont voulu vendre leurs parts au groupe Eurobus und knecht; mais le syndicat s’y est toujours opposé, car il estime anormal qu’un privé puisse réaliser des bénéfices tout en recevant le cas échéant des subventions publiques via les indemnisations prévues pour le trafic régional", indique-t-il.