Publié le 22 mai 2014 - Modifié le 22 mai 2014

Les associations Exit assouplissent les conditions du suicide assisté

Suicide assisté, mais à quelles conditions?
Les associations Exit assouplissent les conditions du suicide assisté Le Journal du matin / 1 min. / le 22 mai 2014
L'association alémanique Exit s'apprête à assouplir les conditions d'accès au suicide assisté, alors que sa consoeur romande a déjà franchi discrètement le pas il y a quelques jours, a appris la RTS.

L'association alémanique Exit (Deutsche Schweiz) veut élargir le suicide assisté aux personnes âgées qui vivent dans des conditions de santé précaires. L'association devrait changer ses statuts dans ce sens ce week-end. De son côté, Exit ADMD Suisse romande a déjà franchi le pas en toute discrétion, a appris la RTS jeudi.

Jusqu'à présent, les deux associations proposaient l'aide au suicide pour les personnes atteintes d'une maladie incurable ou en phase terminale. L'association Exit romande a élargi le cadre lors de son assemblée générale le 26 avril. Face au vieillissement de la population, elle veut aussi s'adresser à des personnes qui ne sont pas atteintes d'une maladie incurable.

"Un médecin peut considérer que c'est une mauvaise idée, mais si la personne a son discernement, elle est en droit de choisir le moment et le moyen de sa propre mort", explique son président, le docteur Jérôme Sobel.

Explosion des demandes d'adhésion

Le débat est vif outre-Sarine mais l'évolution semble inéluctable, tant l'engouement pour Exit va grandissant. L'association alémanique reçoit désormais jusqu'à une centaine de nouvelles demandes d'adhésion par jour ouvrable.

Rouven Gueissaz/oang

En-deçà du cadre légal

Ce renforcement du droit à l'autodétermination reste dans la légalité. Le code pénal ne requiert que trois critères: que la personne se suicide elle-même, qu'elle soit capable de discernement et que la personne qui l'assiste soit mue par un mobile altruiste.

"Il n'est pas clair à quel point ces nouvelles mesures représentent véritablement une libéralisation au sens légal du terme", souligne Samia Hurst, bioéthicienne à l'Institut d'éthique biomédicale de l'Université de Genève.

Mais cet élargissement dépasse les recommandations de l'Académie suisse des sciences médicales. "On craint des pressions psychologiques et sociales sur les personnes âgées et sur les médecins", réagit le président de sa commission d'éthique, le professeur Christian Kind.