Mise à jour le 19 mars 2014

Nouveaux essais OGM sur un "site protégé" à Zurich

Michael Gysi, chef d'Agroscope, a présenté le projet de site protégé à la presse mercredi.
Michael Gysi, chef d'Agroscope, a présenté le projet de site protégé à la presse mercredi. [Steffen Schmidt - DR]
L'Université de Zurich va entamer une nouvelle série d'essais avec du blé transgénique sur un site protégé, mis en place par la station de recherche en agronomie Agroscope.

L'Université de Zurich a annoncé mercredi qu'elle débutait un nouvel essai de terrain avec des plantes génétiquement modifiées sur une parcelle clôturée et surveillée, mise à disposition par Agroscope sur mandat de la Confédération.

"L'infrastructure doit permettre aux chercheurs d'identifier l'utilité et les risques que représente le génie génétique vert", a déclaré Michael Gysi, chef d'Agroscope, dans un communiqué.

Blé résistant aux maladies

Dans le premier essai qui a lieu sur le nouveau site protégé, l’Université de Zurich teste des lignées de blé génétiquement modifiées, résistantes à l’oïdium. Le semis a eu lieu le 13 mars dans des conditions météorologiques excellentes.

L’essai permet aussi d’étudier si la modification génétique a éventuellement une influence sur d’autres propriétés de la plante.

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Les buts d'Agroscope

La recherche de la Confédération dans le secteur de l‘agriculture vise avant tout à réguler et promouvoir au mieux un secteur agroalimentaire durable en Suisse.

Agroscope met l’accent sur l’utilisation de l’écosystème agricole au service d’une production durable des denrées alimentaires.

Il s’agit avant tout d’encourager les aliments sains, la productivité, les prestations écosystémiques agricoles et la réduction des émissions.

Pas du goût de tout le monde

Pour mémoire, en juin 2008, une trentaine d'inconnus avaient saccagé un champ de blé sur le site de Zurich-Reckenholz.

Masqués et équipés de faucilles, ils avaient menacé deux employés de les frapper s'ils les empêchaient d'accéder à la parcelle.

Les dégâts s'étaient montés à plusieurs millions de francs.

Les paysans salue l'innovation

L’Union suisse des paysans (USP) salue l’innovation dans la recherche pour le développement des variétés végétales.

«Pour la recherche et le développement des OGM, il est cependant essentiel que la recherche publique dans ce domaine soit axée sur les besoins concrets de l’agriculture suisse», a expliqué Francis Egger, responsable du Département Economie, formation et relations internationales de l’USP.

Par conséquent, l'USP souhaite une recherche orientée sur la pratique qui apporte des améliorations concrètes mais qui prennent également en compte l'opinion publique.

Trop cher pour "Stop OGM"

L'Association "Stop OGM" a par contre déjà condamné cet essai, le qualifiant de coûteux, inutile et contraire aux besoins de l'agriculture et des consommateurs suisses.

Le développement d'une variété transgénétique coûterait, selon elle, dix fois plus cher qu'une variété sélectionnée de manière traditionnelle. De plus, de nombreuses lacunes demeurent quant à l'analyse des risques liés à l'utilisation des biotechnologies.