Publié le 25 novembre 2013 - Modifié le 26 novembre 2013

Le financier franco-israélien Arcadi Gaydamak sous les verrous en Suisse

Arkady Gaydamak avait annoncé en juillet 2007 la création d'un nouveau parti politique en Israël.
Arkady Gaydamak avait lancé en 2007 un nouveau parti politique en Israël. [EPA/Michal Fattal - ]
Personnage central du scandale dit de l’Angolagate dans les années 1990, Arcadi Gaydamak est détenu à Genève dans le cadre d’une instruction pénale pour abus de confiance, a appris la RTS lundi.

Arcadi Gaydamak, personnage central du scandale politico-financier dit de l’Angolagate, a été arrêté le 19 novembre à Zurich. L’homme d’affaires franco-israélien est désormais détenu à Genève dans le cadre d’une instruction pénale pour abus de confiance, a appris la RTS lundi. Condamné pour fraude fiscale en France, Paris pourrait réclamer son extradition.

Au moment de son arrestation, comme l’a révélé le site paperjam.lu lundi, Arcadi Gaydamak se rendait à une procédure d’arbitrage dans un litige qui l'oppose à un autre homme d’affaires israélien, Nahum Galmor.

"Etranges raisons"

C’est le procureur genevois Dario Zanni qui a demandé son arrestation, information confirmée par le Parquet de Genève. En cause, une procédure intentée en 2010 par l’ex-international de foot français Luis Fernandez, qui avait entraîné en 2005 le Bétar Jerusalem, club israélien appartenant alors à Arcadi Gaydamak. On l’accuse d’abus de confiance sur une somme de 400'000 euros.

Marc Bonnant, avocat d’Arcadi Gaydamak, a confirmé à la RTS la détention préventive de son client: "Mon client est arrêté pour des faits qui ont eu lieu il y a neuf ans, sur une plainte qui avait été classée dans un premier temps avant d’être réactivée pour d’étranges raisons par la Chambre d’appel. Mon client a versé cet argent."

Cette arrestation pourrait intéresser Paris en raison des millions qu’Arcadi Gaydamak doit au fisc français. "Nous craignons en effet que le tam-tam judiciaire ne provoque des demandes d’extradition", a encore expliqué Me Bonnant.

Yves Steiner/gax

L'Angolagate

L'Angolagate est le nom donné à une vaste affaire de ventes d'armes et de matériel de guerre entre la France et l'Angola du président Dos Santos dans les années 1993-1998. Le montant de ces ventes est estimé à quelque 790 millions de dollars.

Le procès qui s'est tenu à Paris de l'automne 2008 à mars 2009 concernait une quarantaine de personnes - dont des personnalités françaises comme Charles Pasqua, Jean-Christophe Mitterrand ou déPaul-Loup Sulitzer - accusées d'avoir participé à l'organisation de ces transactions ou d'avoir bénéficié de "pots-de-vin" distribués par Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak.

En 2011, le Tribunal correctionnel de Paris a accepté l’appel d'Arcadi Gaydamak et a infirmé la condamnation du Russo-Israélien à six ans de prison pour trafic d’armes avec l’Angola. Charles Pasqua a in fine été également relaxé après avoir été condamné. Demeurait pour Arcadi Gaydamak une condamnation pour fraude fiscale.