Publié le 01 octobre 2013 - Modifié le 01 octobre 2013

Les surfaces d'estivage dans les Alpes suisses en diminution

L'estivage mixte serait une solution pour les alpages suisses
L'estivage mixte serait une solution pour les alpages suisses 19h30 / 1 min. / le 01 octobre 2013
Les conclusions du programme de recherche "AlpFUTUR", qui s'est penché sur l’avenir de l’économie alpestre suisse, s'inquiètent notamment de la baisse des surfaces dédiées à l'estivage.

Chaque été, quelque 800'000 vaches, moutons et autres ruminants estivent dans les Alpes, mais les surfaces consacrées à cette activité diminuent. Certains de ces pâturages sont surexploités, alors que d'autres sont recouverts de broussailles, ce qui menace la riche flore alpine.

C'est la conclusion du programme de recherche "AlpFUTUR – Avenir des pâturages d’estivage en Suisse", présenté mardi. Chaque été, quelque 17'000 alpagistes montent avec leurs animaux dans ces zones, où ils pratiquent une exploitation traditionnelle et fabriquent des produits de haute valeur.

Biodiversité en danger

Depuis l'an 2000, l’exploitation des alpages n’a pas baissé, mais on constate de grandes disparités régionales dans l'évolution. Un recul est enregistré par exemple dans le Val Mesolcina (GR) ou en Valais.

"Cette double évolution constitue le problème principal pour la biodiversité dans les zones d'estivage", explique Stefan Lauber, de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL).

ats/olhor

Corrections de la politique agricole dès 2014

Le plus grand ennemi de la diversité des espèces dans les Alpes est toutefois le prix du lait: depuis la suppression des contingents laitiers, la production dans les Alpes n'est plus concurrentielle, notent plusieurs chercheurs. Cela entraîne une diminution du nombre des animaux en estivage.

La politique agricole 2014-2017 doit rectifier le tir: elle prévoit notamment que dès l'année prochaine, les agriculteurs pourront aussi toucher des subventions pour des prestations écologiques dans les zones d'estivage, par exemple la protection des surfaces riches en biodiversité, le défrichement de broussailles ou la préservation de bâtiments alpestres.

Grande diversité des plantes

Pour la diversité des plantes en Suisse, les prairies alpestres sont d'une importance capitale: le "monitoring" de la biodiversité a montré qu'avec une moyenne de 42 espèces végétales par dizaine de mètres carrés, elles présentent la plus grande biodiversité de tous les paysages helvétiques.

De plus, trois quarts des tourbières et prairies sèches, qui sont protégées, se trouvent dans ces zones.

Mais la forêt, dans laquelle nettement moins de plantes différentes poussent, progresse. Entre 2006 et 2011, elle a crû de quelque 320 kilomètres carrés, dont 40% dans les zones utilisées comme pâturages d'estivage, selon le 4e Inventaire forestier national.