Mise à jour le 29 mars 2013

Les réactions pleuvent après le sursis accordé à Mühleberg

Les FMB, qui exploitent la centrale nucléaire de Mühleberg, refusent d'intégrer des Verts.
La centrale de Mühleberg ne devra pas fermer en juin prochain. [KEYSTONE/ Alessandro Della Bella]
Le Tribunal fédéral a décidé jeudi que la centrale nucléaire de Mühleberg pourra être exploitée au-delà du mois de juin 2013, suscitant de nombreuses réactions.

L'exploitation de la centrale de Mühleberg (BE) se poursuivra au-delà de juin 2013. Le Tribunal fédéral (TF) accepte le recours des Forces motrices bernoises. Il annule le verdict du Tribunal administratif fédéral (TAF), qui avait donné raison aux anti-nucléaires.

En mars 2012, le TAF décidait de limiter l'autorisation d'exploitation de la centrale à fin juin 2013. Il considérait que des raisons de sécurité imposaient une telle échéance.

Risque zéro pas imposé

"En matière d'énergie nucléaire, la législation fédérale n'impose pas le risque zéro", a notamment déclaré le juge-rapporteur Hans Georg Seiler. Le magistrat a expliqué que les problèmes de sécurité ne justifiaient pas de limiter l'autorisation d'exploitation de la centrale.

Il a souligné qu'il appartient à l'inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) de s'occuper des problèmes qui se posent, qu'il s'agisse des fissures dans le manteau du réacteur, des risques sismiques ou encore de l'absence de moyens de refroidissement adéquats.

Avec l'acception du recours, la centrale de Mühleberg bénéficie à nouveau d'une autorisation d'exploitation illimitée.

Doris Leuthard réagit

La balle est désormais dans le camp des FMB pour Doris Leuthard. Au propriétaire de la centrale d'assurer la sécurité du site. La ministre de l'énergie est heureuse que son département ne se voie pas attribuer un mandat de surveillance.

L'IFSN a déjà fait savoir que des mesures devaient être prises à Mühleberg, a rappelé la conseillère fédérale devant la presse, insistant sur le fait que la sécurité était prioritaire. La question de la surveillance doit rester dans les mains d'une autorité scientifique et indépendante.

La réaction de Doris Leuthard en vidéo:

Doris Leuthard réagit à la non-fermeture de Mühleberg
Le Journal en continu - Publié le 28 mars 2013
 

Ce qui est important, c'est la sécurité et pas le calendrier. Et Doris Leuthard d'insister sur le fait qu'une autorisation illimitée ne signifiait pas une durée de vie illimitée. Les centrales suisses ne sont pas éternelles et il est prévu de les fermer à terme.

La conseillère fédérale a en outre qualifié de populiste le reproche selon lequel les intérêts de l'économie auraient primé sur la sécurité de la population. "Le Tribunal fédéral est une autorité indépendante."

ats/pym

Déception des milieux anti-nucléaires

Greenpeace et Fokus Anti-Atom ne cachent pas leur déception après la décision du Tribunal fédéral. Pour les deux organisations, la mise à l'arrêt immédiate de la centrale doit rester à l'ordre du jour.

Pour le représentant de Greenpeace suisse, Kaspar Schuler, "le fait que les deux plus hautes instances judiciaires de notre pays n'arrivent pas à s'accorder sur une question d'une telle importance est un très mauvais signe pour la culture de la sécurité.

Selon les opposants à la centrale, "il est de la responsabilité du Conseil fédéral et du Parlement de reprendre le dossier en main et d'améliorer la législation en la matière. Ils doivent prendre les décisions qui s'imposent afin que le principe de précaution puisse être appliqué concrètement et ne soit plus seulement une simple déclaration d'intention".

Les FMB ne pavoisent pas

Pas de triomphalisme des Forces motrices bernoises en dépit de leur victoire et d'une forte hausse de l'action FMB à la Bourse suisse (+ 6,9% à la mi-journée).

En disposant d'une autorisation d'exploitation illimitée, Mühleberg bénéficie d'une égalité de traitement avec les autres centrales, a relevé l'exploitant.

Les FMB rappellent que l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a validé fin décembre les certificats en vue de l'exploitation à long terme de Mühleberg. L'ISFN avait exigé que des mesures de rééquipement soient réalisées pour une poursuite de l'activité au-delà de 2017.

FMB Energie va également se pencher sur l'établissement d'un état des lieux qui permettra de prendre une décision pour la poursuite de l'exploitation. Les travaux pour renforcer la sécurité sont en cours depuis plusieurs mois.

L'initiative qui pourrait précipiter l'arrêt de la centrale

Le feuilleton de la centrale de Mühleberg n'est de loin pas terminé après la décision du Tribunal fédéral (TF). Les citoyens du canton de Berne se prononceront vraisemblablement en 2014 sur une initiative demandant l'arrêt de cette installation nucléaire.

L'initiative "Mühleberg à l'arrêt" a été déposée en février 2012 par un groupe de citoyens après la catastrophe de Fukushima. Elle demande que le canton, actionnaire majoritaire de la société des Forces motrices bernoises (FMB), veille à l'arrêt immédiat de la centrale nucléaire.

Début mars, le gouvernement bernois a proposé un contre-projet qui recommande d'arrêter Mühleberg le plus rapidement possible mais au plus tard en 2022.