Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) reste actif sur le front syrien. Il a organisé une rencontre avec des rebelles syriens du 12 au 15 novembre 2012 dans le canton de Vaud, a appris la RTS.
Les quinze Syriens qui ont participé à cette rencontre à Glion étaient membres de l'Armée syrienne libre (ASL), la principale force d'opposition au régime de Bachar al-Assad. Ils provenaient de l'intérieur de la Syrie mais aussi des pays limitrophes (Turquie, Liban etc.). Seuls quelques-uns étaient des combattants militaires, les autres provenaient de l'opposition civile.
Pour des raisons de sécurité, cette réunion s’est tenue dans le plus grand secret. Le Département fédéral des affaires étrangères les a fait venir en Suisse, estimant "que c'était plus simple, car ici, nous sommes maître du jeu et nous pouvons assurer leur sécurité", explique Mario Carera, responsable de ce projet.
Règles du droit humanitaire
A Glion, l'opposition syrienne a été sensibilisée à la nécessité de respecter les règles de base du droit humanitaire. "La Suisse a une longue tradition de défense et de promotion du droit international humanitaire et nous avons estimé qu'il était de notre devoir de former l'opposition armée syrienne à ses responsabilités face aux civils", explique Mario Carera, rappelant le message central de la rencontre: "la guerre ne permet pas tout. Il faut protéger les civils, les blessés et traiter humainement les prisonniers. Les hôpitaux, écoles et mosquées ne doivent pas être pris pour cibles."
Le DFAE a fait appel à l'expertise de deux ONG genevoises pour organiser ce séminaire: le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) et l'Appel de Genève. Dans de nombreux conflits du globe, l'Appel de Genève engage et encourage les groupes armés non-étatiques à respecter le droit international.
Aucune obligation de l'opposition
Selon le fonctionnaire du DFAE, "les 80% des violations et des crimes de guerre supposés sont commis par le régime mais l'opposition en commet aussi, notamment l'exécution sommaire de prisonniers. La Suisse dénonce les violations des deux côtés."
La Syrie étant signataire des Conventions de Genève, il appartient au régime de faire respecter ces règles de bases élémentaires par ses hommes. En tant qu'acteur non-étatique, l’opposition n’est liée par aucune obligation de ce type ce qui explique l'initiative du DFAE. "Avant le conflit, ils étaient enseignants, artisans ou chauffeur de taxi, explique Elisabeth Decrey Warner, présidente et fondatrice de l’Appel de Genève. Ils ne connaissent rien aux règles de la guerre."
Lors de la première réunion de Glion, les opposants syriens ont jugé qu'il était prématuré de s’engager par écrit à respecter les principes de base du Droit international humanitaire.
Anne-Frédérique Widmann