Mise à jour le 04 décembre 2012

Des données de la CIA et du MI6 auraient été volées en Suisse

Le siège de la CIA, à Langley, aux Etats-Unis. L'agence a été montrée du doigt dans le rapport du Sénat sur la torture.

Le siège de la CIA, à Langley, aux Etats-Unis. L'agence a été montrée du doigt dans le rapport du Sénat sur la torture. [Jason Reed/Reuters]

Un vol de données au sein de l'agence suisse de renseignements, commis par un informaticien, a probablement compromis des informations des services secrets américains et britanniques.

Un vol massif de données au SRC, l'agence suisse de renseignements, pourrait avoir compromis des informations de la CIA américaine et du MI6 britannique, ont révélé mardi plusieurs sources proches du dossier.

Le vol de centaines de milliers, voire de millions de pages de données confidentielles, commis par un informaticien du Service de renseignement de la Confédération, avait été révélé en septembre par le parquet suisse.

Informations sur la lutte anti-terroriste

Selon une source proche de l'enquête commanditée par le ministère de la Défense, la Suisse a prévenu les Etats-Unis et le Royaume-Uni que des informations partagées par les agences des différents pays, notamment destinées à la lutte contre le terrorisme, avaient été dérobées par le suspect.

La Suisse a également averti les deux pays que certaines données étaient peut-être compromises. Les autorités avaient dit dans un premier temps que les supports contenant les informations avaient pu être récupérés par les enquêteurs avant leur vente à des pays étrangers ou des acheteurs privés.

Commission parlementaire créée

Les enquêteurs ont précisé que le suspect, qui travaillait depuis huit ans pour le SRC et dont l'identité n'a pas été révélée, voulait se venger du peu d'attention accordée par l'agence à ses recommandations.

L'homme, qualifié de "très talentueux", a été arrêté l'été dernier, mais a ensuite été libéré, en attendant la conclusion de l'enquête.

Parallèlement à celle-ci, une commission parlementaire a été mise en place et doit rendre un rapport d'ici le printemps, où devraient être critiqués les faibles pouvoirs d'investigation du SRC, qui ne peut par exemple ni mener de perquisitions ni effectuer d'écoutes électroniques.

ats/olhor