Modifié le 04 décembre 2012

L'employé d'UBS a photographié son écran pour voler les données bancaires

L'achat de CD de données bancaires fait aussi débat en Allemagne.
Après avoir pris en photo les données bancaires, l'employé d'UBS les a compilées sur un CD qui a été vendu au fisc allemand. [Jörg Koch/Keystone]
Les données bancaires volées par un employé d'UBS ont été photographiées sur son écran d'ordinateur, selon le Tages-Anzeiger. Depuis, ces données, compilées sur un CD, ont été vendues au fisc de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Les données volées concernant des clients d'UBS actuellement entre les mains du fisc de Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont été photographiées par un employé de la banque, rapporte mardi le Tages Anzeiger, citant un avocat allemand.

"Les données ont été photographiées à partir d'un écran et rassemblées morceau par morceau," a déclaré au quotidien suisse Jörg Schauf, un avocat fiscaliste qui représente un client de la banque suisse.

"C'était le travail d'une source interne", a ajouté l'avocat, qui estime que les données dont disposent les autorités fiscales de ce Land allemand sont d'une qualité "remarquable".

Des données plus que complètes

"Tout est dans la liste, les structures, une comparaison avant et après la crise financière, les données de base, la structure des fondations, une vue complète de la fortune des clients ainsi que le nom des conseillers", a-t-il affirmé dans les colonnes du quotidien suisse.

Le CD racheté par le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie contiendrait des données sur 750 fondations et sur des volumes de placements de plus de 3,5 milliards de francs suisses.

De nouvelles méthodes de vol

Les données les plus récentes datent de mars 2010. Depuis les premières affaires de vols de données en 2007, de nombreuses banques ont renforcé leur procédures internes pour limiter les risques de téléchargement.

Mais les banques ne sont pas pour autant à l'abri de nouvelles méthodes de travail. Une procédure interne est en cours, a indiqué un porte-parole d'UBS au quotidien.

Les banques suisses sont sous pression en Allemagne, alors que les autorités judiciaires ont multiplié les perquisitions auprès des clients soupçonnés d'évasion fiscale.

Fin novembre, la Chambre basse du parlement allemand a également rejeté un accord, dit Rubik, qui aurait permis de régulariser les avoirs des clients allemands placés en Suisse.

ats/gchi

Publié le 04 décembre 2012 - Modifié le 04 décembre 2012

Le Conseil des Etats veut serrer la vis

Le Conseil des Etats a pressé mardi le Conseil fédéral d'agir pour sanctionner de "manière appropriée" l'utilisation et la transmission de données bancaires acquises illicitement.

Les Etats ont adopté une motion demandant des modifications légales pour punir le recel de données bancaires volées.

Le gouvernement devra examiner la possibilité d'étendre les sanctions à la publication de données volées et à la violation du secret de fabrication et du secret commercial.

Le droit suisse connaît une lacune en la matière, a signalé Pirmin Bischof (PDC/SO). Les auteurs s'en tirent généralement sans sanction.

Le traitement des données continue

Le Ministère public de Bochum (D) a à nouveau découvert des cas de fraude massive de clients allemands d'UBS lors de l'évaluation du CD de données volées.

Seulement 115 cas ont été examinés jusqu'à présent sur un total de quelque 1300. Les cas de fraude découverts portent sur un montant de 204 millions d'euros, a indiqué mardi le Ministère public de Bochum.

Les personnes visées ont sauf quelques exceptions reconnu les faits et payé des acomptes pour un montant d'environ 20 millions d'euros d'arriérés d'impôts ou ont promis de le faire, a ajouté le Ministère public.