La faible participation à la votation fédérale interpelle la presse suisse
Plusieurs quotidiens suisses se penchent lundi sur la faible participation à la votation fédérale de dimanche sur la prévention des épizooties. "Ce virus de l'abstentionnisme", qualifié même de "bide", va même jusqu'à inciter certains à se demander si la votation populaire est encore crédible.
"Un bide"
"Il existe une limite en dessous de laquelle la participation ne peut fléchir, sous peine de discréditer l'institution elle-même", écrit "Le Temps" dans son édition de lundi. Avec une participation à 27%, et similaire pour les objets des votations cantonales à Genève ou dans le canton de Vaud, il est toutefois encore "prématuré" de dire si ce seuil est franchi, ajoute encore le quotidien genevois.
"Ça s'appelle un bide", résume l'éditorialiste des quotidiens "La Liberté", "L'Express" et "L'Impartial". Certes, après l'échec des récoltes de signatures pour les référendums sur les accords Rubik, il ne restait "qu'un tout petit os à ronger, sans grande consistance", ajoute-t-il également.
"Le Temps" met en cause l'activisme des "complotistes et naturopathes" qui ont lancé le référendum sur les épizooties. Et "Le Quotidien Jurassien" estime même qu'il aurait fallu reporter cette consultation aux prochaines votations en mars. Une mesure qui "n'aurait tué personne et aurait évité des frais inutiles", souligne-t-il, évoquant un "virus de l'abstentionnisme".
Votations insignifiantes
Si les Suisses ont toujours refusé une limitation de leurs droits populaires, "le prix à payer en est l'insignifiance de certaines votations", regrette "Le Temps".
"Le Quotidien Jurassien" analyse par ailleurs l'approbation de la loi sur la prévention des épizooties. "Le virus de l'intox n'a heureusement pas contaminé les votants, la révision de la loi n'accentuant pas le recours aux vaccins dans les élevages", estime-t-il. Mais d'ajouter aussi que la campagne des opposants aura rappelé aux autorités sanitaires que leur crédibilité passe par une distance avec le "lobby pharmaceutique".
ats/aduc