Les Suisses acceptent à 68% la révision de la loi sur les épizooties
Un peu plus de 946'000 votants (68,28%) ont glissé un "oui" dans l'urne. Le camp du "non" a réuni moins de 440'000 personnes. La Suisse romande a voté en bloc en faveur de la loi. En tête, le canton de Vaud avec 88,5% de voix favorables. Il est talonné par Genève (86,7%). Suivent Neuchâtel (74,3%), le Jura (72,2%), le Valais (71,2%), Fribourg (69,2%) et Berne (67,5%). Le Tessin a aussi nettement soutenu la révision avec 66,3% des voix.
Outre-Sarine, les scores ont généralement aussi été sans appel. Bâle-Ville s'est montré le plus décidé avec 78% de "oui" devant Bâle-Campagne (72,7%). Les cantons agricoles comme Lucerne ou St-Gall ont également approuvé le texte.
Mais Schwyz et Obwald ont failli basculer dans le camp des opposants: seuls 50,3% et 50,8% de leurs corps électoraux ont accepté la révision. Uri et Appenzell Rhodes-Intérieures (AI) ont même clairement dit "non" à la loi à respectivement 57,7 et 55,4%.
Rôle moteur de la Confédération
La révision de la loi sur les épizooties, défendue par le Conseil fédéral et les Chambres, vise à renforcer la prévention contre certaines maladies animales transmissibles comme celles de la langue bleue, la grippe aviaire et la fièvre aphteuse face aux risques accrus de propagation avec la mondialisation. La loi confère notamment à la Confédération un rôle directeur dans la détection précoce et le financement des mesures pour contrer les épidémies.
Berne pourra créer une banque de vaccins pour mettre à disposition des éleveurs les doses nécessaires à prix réduit ou gratuitement en cas de besoin. Les cantons resteront néanmoins responsables de la lutte contre les épizooties.
Taxe d'abattage
Une nouvelle taxe nationale d'abattage sur les bovins, les moutons, les chèvres et les porcs harmonisera la participation des éleveurs, rapportant environ 3 millions à la Confédération. La loi vise aussi à mettre fin au commerce sauvage de chiots importés de l'Europe de l'Est. Vendus à la sauvette sur des parkings, ces animaux sont souvent malades, pas vaccinés contre la rage et insuffisamment socialisés.
Les référendaires, emmenés par le naturopathe Daniel Trappitsch, estiment que la révision de la loi ouvrait la porte au vaccin obligatoire des animaux. Ils dénonçent également les coûts élevés des programmes de prévention et la mise au ban des méthodes thérapeutiques d'origine naturelle.
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Johann Schneider-Ammann satisfait
Le ministre de l'économie a peiné à expliquer l'opposition constatée en Suisse centrale. Dans ces régions, la discussion sur la question des vaccinations a été peut-être un peu plus intense, a-t-il affirmé en guise d'hypothèse.
Jacques Bourgeois, directeur de l'Union suisse des paysans (USP), craignait ainsi qu'un faible taux de participation ne joue en défaveur de la loi sur les épizooties. Ce ne fut pas le cas. "Le peuple suisse ne s'est pas laissé enfermer dans le discours des opposants", a déclaré à l'ats le conseiller national PLR fribourgeois. Le soutien des citoyens va permettre de moderniser cette loi qui date de 1966, rappelle-t-il.
La déception du comité référendaire
De son côté, l'UDC a pris acte dimanche du oui des citoyens à la révision de la loi sur les épizooties. Mais elle appelle les autorités à user de leurs nouvelles compétences avec modération. Seul parti avec l'UDF à soutenir le non, l'UDC souligne qu'elle continuera de se battre pour la liberté et la responsabilité individuelles et contre les atteintes de l'Etat à la sphère privée.