Santésuisse dénonce la cherté des médicaments en Suisse
Les médicaments vendus en Suisse continuent d'être vendus trop chers en comparaison européenne. Pour Santésuisse, la faîtière des caisses maladie, le potentiel d'économie est de 410 millions de francs. Santésuisse s'est livrée au jeu de la comparaison avec six pays européens pour la deuxième année consécutive, explique l'organisation dans un communiqué publié vendredi.
"Près de 6700 médicaments soumis à ordonnance ont été pris en compte", a précisé la porte-parole de Santésuisse, Anne Durrer. Les marges sur les médicaments soumis à ordonnance ont été comparées avec celles pratiquées au Danemark, en Allemagne, Grande-Bretagne, Hollande, France et Autriche.
2% des primes maladie
Pour Santésuisse, les marges en Suisse devraient être ramenées à la valeur moyenne des pays de comparaison. Les marges de 410 millions de francs révélées par Santésuisse correspondent à 2% des primes.
"Les marges publiées l'an dernier atteignaient 300 millions de francs. Mais la différence n'est pas significative, car nous avons changé de méthodologie. De fait, les résultats sont stables", a précisé la porte-parole.
Marge de distribution 25% supérieure
La marge de distribution des médicaments vendus en Suisse est donc de l'ordre de 25% supérieure à celles des six pays européens comparés comme l'an dernier.
Santésuisse demande des mesures de correction pour soulager les assurés. Elle aimerait pouvoir négocier les marges, "des changements législatifs sont nécessaires". Et ceux-ci ne devraient pas intervenir avant plusieurs années.
ats/vtom
Deux pistes proposées par Santésuisse
Ces médecins vendent eux-mêmes les médicaments à l'issue de la consultation, remplaçant ainsi le pharmacien.
Santésuisse préconise que ces médecins dispensants ne soient rémunérés qu'une seule fois.
Actuellement, ils sont payés comme médecin sur la base du tarif TARMED qui rétribue la consultation, rémunération à laquelle s'ajoute la marge sur les médicaments qu'ils vendent.
L'association faîtière n'oublie pas les pharmaciens. Pour compenser la perte de chiffres d'affaire qui les toucherait, de nouvelles activités pourraient leur être confiées, comme le suivi des malades chroniques dans le cadre de l'assurance-maladie de base par exemple.
PharmaSuisse s'oppose à Santésuisse
Les pharmaciens estiment déjà avoir fait les frais des récentes coupes dans le secteur de la santé.