Roman Polanski exprime de la compréhension envers la Suisse
"Je pense avec le recul que les Suisses ne pouvaient pas vraiment faire autrement", a expliqué Roman Polanski dans un entretien publié par le journal dominical allemand "Welt am Sonnntag". "Ils devaient attendre des documents qui pouvaient prouver que j'avais accompli ma peine à l'époque", souligne le cinéaste de 79 ans à propos de son arrestation il y a 3 ans. Et "les Américains refusaient de publier ces documents", a-t-il ajouté.
L'UBS a refusé de l'aider pour sa caution
Selon lui, le playboy germano-suisse Gunter Sachs, décédé en mai 2011, a été le premier à lui proposer de l'aide pour payer sa caution de 4,5 millions de dollars. Le cinéaste ajoute que l'UBS, auprès de laquelle il avait un compte, a refusé de débloquer cette somme mais que sa banque française avait elle "immédiatement" mis l'argent à disposition. En plus de sa caution, Roman Polanski a précisé que le bracelet électronique destiné à son assignation à résidence à Gstaad (BE) lui avait coûté 28'000 francs.
Les Etats-Unis avaient exigé l'extradition du cinéaste franco-polonais pour abus sexuel sur une adolescente de 13 ans en 1977. Les autorités suisses ont procédé à son arrestation lors de son arrivée à l'aéroport de Zurich le 26 septembre 2009, alors qu'il souhaitait se rendre au Festival du film de Zurich pour y recevoir un prix.
Après plusieurs mois de détention, il avait été placé en résidence surveillée dans son chalet de Gstaad. En juillet 2010, il a finalement été libéré. La demande d'extradition a été rejetée par les autorités suisses, les Etats-Unis ayant refusé de délivrer tous les documents nécessaires.
Une affaire qui ne représente pas sa personnalité
Roman Polanski ne veut pas être réduit à cette affaire aux Etats-Unis. "Cette histoire est une partie de ma vie, oui. Mais les gens veulent qu'elle soit une partie de ma personnalité. Je le récuse", affirme-t-il. Il ajoute aussi à l'époque s'être reconnu coupable et avoir été détenu.
Et de qualifier de charge le fait de devoir prendre en permanence position sur son passé. "Je suis toutefois partial", dit-il. Selon lui, tout ce qu'il peut dire sur cette affaire est considéré comme une tentative d'autodéfense.
Il qualifie par ailleurs les Etats-Unis, où il ne peut plus se rendre, de "continent bigot". "D'une part, ce puritanisme règne là-bas, de l'autre ils sont le plus important producteur de pornographie dans le monde", lance-t-il.
ats/jzim