Révélé la veille, le système d’amendes disciplinaires visant les soldats helvétiques déplaît au ministre de la Défense Ueli Maurer.
"Je suis opposé au système des amendes", a-t-il indiqué au 19:30 de la RTS, ajoutant que ces sanctions sont inutiles "parce que beaucoup de jeunes ont de l’argent et peuvent s’acheter la liberté". Il entend donc revenir au système prévalant avant l’introduction du nouveau code pénal, a-t-il précisé.
4,5 millions de francs
Selon les estimations de la RTS, les amendes infligées aux militaires ont rapporté près de 4,5 millions de francs l'an dernier, répartis entre l'armée et les cantons.
Ces amendes peuvent sanctionner le non-respect des prescriptions de sécurité, les rentrées tardives, l’alcool en chambre ou toute incartade, au bon vouloir de l’officier en charge des soldats. Par exemple, le prix d’une soirée trop arrosée en cours de répétition est compris entre 100 et 500 francs.
Après consultation de nombreux officiers, il ressort qu'entre 2% et 5% des 122'000 soldats en cours de répétition en 2011 ont dû s’acquitter d’une amende.
Autres mesures prônées
Les sanctions purement disciplinaires rapporteraient ainsi près d’un million de francs à elles seules, contre 3,5 millions pour le non-respect des tirs obligatoires (lire ci-contre). "Je renoncerais volontiers à ces quatre millions au profit d’autres mesures", a commenté le ministre de la Défense.
bkel
Date butoir pour les tirs obligatoires
Passé ce délai, les retardataires risquent de devoir débourser jusqu'à 1000 francs.
Or, en 2011, près de 1300 soldats n'ont pas effectué leurs tirs dans le canton de Vaud.
Les caisses cantonales s'en sont trouvées garnies de 300'000 francs supplémentaires.
Et lorsqu'on sait que près de 10% des soldats ne respectent pas cette obligation militaire, le total des amendes atteint 3,5 millions rien que pour les tirs non effectués sur l'ensemble du territoire suisse.