Plainte contre une enseignante de la Méthode Grinberg
Un jeune homme qui a été expulsé de la Méthode Grinberg quand il a avoué sa séropositivité porte plainte pour atteinte à sa personnalité et à son honneur, a appris la RTS.
En parallèle de cette plainte déposée devant le Tribunal de première instance de Genève, le jeune homme déplore l’impact du cours "Fort aux endroits brisés" développé par la Méthode Grinberg. Cette méthode de développement personnel qui allie massages, mouvements et dialogue, part du principe que le corps se souvient de choses que notre tête aurait oublié.
Lors d'un examen des pieds, elle dit pouvoir détecter des abus subis dans l'enfance, même si le patient n'en a aucun souvenir. Interrogé sur cette pratique, Jacques-André Romand, médecin cantonal à Genève, réagit: "Je suis très scientifique et relativement les pieds sur terre et j'ai beaucoup de peine à admettre ce genre de raisonnement." Sur cette base, l’enseignante a affirmé au plaignant qu’il avait été abusé dans sa petite enfance. "L'impact, c'est que la sexualité est devenue quelque chose de sale pour moi et que je n’arrivais plus à avoir confiance en personne."
40'000 francs de dommages et intérêts
La plainte du jeune homme se concentre sur l’impact de la fin abrupte de ses relations avec la Méthode Grinberg. Invoquant une atteinte à l’honneur et à sa personnalité, il réclame près de 40'000 francs à titre de dommages et intérêts.
Par lettre recommandée lui signalant la fin de leurs relations, son enseignante avait invoqué le fait que sa "maladie met la vie d’autres personnes en danger et pourrait porter atteinte à la réputation de la Méthode Grinberg". Elle invoquait également le fait que le jeune homme avait menti en ne signalant pas sa séropositivité lorsqu’il a répondu au questionnaire de santé de la Méthode Grinberg. Tous les clients et élèves de la Méthode sont tenus de répondre à ce questionnaire pour bénéficier des prestations de la Méthode.
Pas de réactions
Le Groupe Sida Genève rappelle qu’être HIV positif, avec une virémie très basse dans ce cas, n’est pas l’équivalent d’être malade du sida. Jacques-André Romand, médecin cantonal à Genève, explique que si la Méthode est en droit de poser la question du HIV, elle n’a pas de raison d’être médicale s’il n’y a pas de contacts sanguins: "Il est clair qu'une personne HIV positive, qui est en traitement et qui prodigue un massage ne peut pas infecter une autre personne."
Contactée, l’enseignante concernée a refusé de s’exprimer. Suite au reportage diffusé dans l’émission Mise au Point le 3 juin (voir ci-contre), elle a rompu ses liens avec la Méthode Grinberg.
De leur côté, également contactés, les dirigeants de la Méthode Grinberg ont choisi de garder le silence car "il s’agit d'une procédure en cours entre des tiers".
Anne-Frédérique Widmann