Toujours plus de soupçons de blanchiment d'argent en Suisse
Pour la cinquième année consécutive, les communications de soupçons de blanchiment d'argent ont augmenté de manière très claire, passant de 1159 en 2010 à 1625 en 2011 (+ 40%). Elles représentent plus de 3 milliards de francs au total, indique le Bureau de communication en matière en blanchiment d'argent dans son rapport publié lundi.
Le Bureau a enregistré 135 cas provenant d'Egypte, de Tunisie, de Libye ou de Syrie. Ils représentent un montant de près de 600 millions de francs, alors qu'aucune communication ne provenait de ces pays encore l'année précédente.
Corruption en forte hausse
Si l'escroquerie demeure l'infraction préalable présumée qui est à l'origine du plus grand nombre de communications, la corruption est en forte hausse s'agissant des montants en jeu (7 communications pour 791 millions de francs au total), notamment en lien avec l'Egypte.
Le trafic de stupéfiants demeure une des infractions préliminaires au blanchiment la plus souvent soupçonnée. En revanche, le nombre et surtout le montant des communications liées au financement du terrorisme a rarement été aussi bas.
Le Bureau reçoit les communications avant tout des banques sises en Suisse (1080 communications, soit 67% contre 71% en 2010). Parmi celles-ci, 36% sont en mains étrangères (32% en 2010), 29% sont des grandes banques suisses (26%).
Condamnations très rares
Les communications pour blanchiment d'argent qui aboutissent à des condamnations sont très rares. Sur les 4536 cas ayant fait l'objet d'une décision de justice, seuls 5,8% ont débouché sur une condamnation.
Dans 41,4% des cas, aucune procédure pénale n'a été ouverte au terme des enquêtes préliminaires. Il faut en chercher les raisons dans la difficulté et la longueur des demandes d'entraide judiciaires à l'étranger.
ats/pym