Colibrys justifie son départ du CSEM de Neuchâtel
08.02.2012 08:51Le gouvernement neuchâtelois s'est activé durant plusieurs mois pour que Colibrys reste sur son sol. Le Service de l'économie a proposé plusieurs solutions de relocalisation. "Aucune ne correspondait aux exigences techniques et spécialisées de la société", a regretté le ministre de l'économie Thierry Grosjean dans un communiqué.
"Le canton de Neuchâtel nous a proposé des terrains", a confirmé Sean Neylon, directeur général de Colibrys. "Mais construire un bâtiment avec une salle blanche aurait pris au moins deux ans et nous aurions eu des problèmes de financement", a-t-il expliqué devant la presse réunie dans les locaux yverdonnois non aménagés.
Or, le temps presse pour Colibrys, hébergée pour le moment au Centre suisse d'électronique et de micro-technique (CSEM). Ce dernier souhaite récupérer les quelque 4300 m2 qu'occupe l'entreprise pour y loger son futur Centre de photo-voltaïque.
Loyer annuel moins cher
"Pour rester au CSEM, nous aurions dû débourser 3,5 millions de francs de loyer annuel, un montant extrêmement important", a indiqué Sean Neylon. A Yverdon, Colibrys paiera 1 million par an pour 3600 m2.
Dans un premier temps, la PME ne prévoit pas d'augmenter le nombre de ses employés, actuellement au nombre de 80. Le site offre néanmoins de très bonnes possibilités d'extension. "Nous pouvons planifier ici notre développement à long terme", souligne le CEO.
Dernier construit sur le parc technologique Y-Parc, le bâtiment yverdonnois offre l'avantage d'être relativement proche de Neuchâtel. Si l'enveloppe extérieure est prête, tout reste à faire dans l'aménagement intérieur. De 15 à 18 mois de travaux seront nécessaires pour installer la salle blanche indispensable à la production de micro-composants.
Montage financier
Propriétaire du bâtiment, le fonds immobilier genevois Meigerhorn a accepté de prendre à sa charge la moitié des 8 millions de francs de travaux. "Sans cela, la transaction n'aurait pas été possible", a souligné le directeur opérationnel Mario di Pietrantonio. En échange, Colibrys a signé un bail de 10 ans.
Le montage financier, signé jeudi passé, inclut encore le canton de Vaud et la commune d'Yverdon. Le premier va cautionner un prêt bancaire de 2 millions de francs, la seconde offrant une arrière caution sur la moitié. Le reste du financement provient des actionnaires de la société.
Pas d'avantage fiscal
"Il n'y a eu aucune discussion fiscale avec les autorités vaudoises", a assuré Sean Neylon. Pour Colibrys, les éléments déterminants étaient la possibilité de baisser nettement son loyer, d'avoir des garanties à long terme et d'arriver à financer cet investissement, a-t-il déclaré.
ats/pima