Plus de 8000 tonnes de munitions au fond des lacs
03.02.2012 15:35Les conclusions présentées vendredi à la presse par le Département fédéral de la défense (DDPS) concordent avec celles de 2008. L'armée a immergé jusqu'en 1967 des milliers d'obus dans les lacs de Thoune (4600 tonnes), de Brienz (280 tonnes) ainsi que dans celui des Quatre-Cantons: lac d'Uri (2800 tonnes) et bassin de Gersau (530 tonnes).
Dans le lac des Quatre-Cantons, il n'y a pratiquement que des munitions intactes et non explosées, selon le chef de l'Office uranais de la protection de l'environnement Benno Bühlmann. La plupart des lots, qui sont disséminés sur de grandes surfaces, sont recouverts d'une couche de vase mesurant de 25 centimètres à 2 mètres.
Et chaque année, 3 à 8 millimètres de sédiments viennent s'y ajouter. Le risque que des substances s'échappent s'amenuise de jour en jour, a déclaré le chef de l'Office bernois des eaux et déchets Heinz Habegger.
Pas de risque sanitaire
Et d'écarter des dangers pour la santé. Les analyses détaillées des sédiments et de l'eau n'ont révélé aucune trace de polluants qui soit liée aux munitions. Les teneurs en substances explosives sont 100 à 1000 fois inférieurs à celles en médicaments ou en pesticides. Selon Heinz Habegger, les 400'000 personnes qui boivent de l'eau provenant de la vallée de l'Aar peuvent continuer de le faire.
Les traces de substances explosives observées dans les lacs de Thoune et Brienz sont 400 fois inférieures aux valeurs limites autorisées pour l'eau potable. Elles ne sont pas liées aux munitions mais tirent leur l'origine des places de dynamitage de la région et des travaux liés au tunnel du Lötschberg.
Reste toutefois un mystère, qui pourrait être éclairci en fin d'année: celui des modifications affectant les organes sexuels des féras du lac de Thoune. Ces changements ne sont toutefois pas liés aux munitions mais aux planctons consommés, a affirmé le chef d'office.
Suivi régulier
Le DDPS a décidé, en accord avec les cantons concernés, de laisser les munitions au fond des lacs. Les sites feront toutefois l'objet d'une surveillance régulière afin de réagir à temps si la situation devait changer.
Elle sera assurée par les cantons en vertu d'une convention passée avec la Confédération. Les coûts seront répartis avec le DDPS. Une décision sur la suite des opérations tombera en 2016.
ats/lan