Votations: tourisme et régions de montagne au front
02.02.2012 19:42Les résidences secondaires constituent un facteur économique important, a fait valoir le président du Groupement suisse pour les régions de montagne Theo Maissen lundi devant la presse. Elles génèrent 1,5 milliard de francs pour le Valais, soit 12,6% de son PIB. Pour les Grisons, il s'agit de près d'un milliard et de 10% du PIB.
L'initiative "pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires" sonnerait le glas de telles constructions dans trois quarts des communes grisonnes, d'après Theo Maissen. Il est illusoire de croire que les personnes en quête d'un appartement se tournerait davantage vers les hôtels.
Contre les lits "froids"
Les hôtes risquent plutôt de partir à l'étranger, a renchéri le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR), président de la Fédération suisse du tourisme. L'initiative populaire va trop loin, posant des règles coercitives et trop rigides, d'après lui.
La problématique posée par les résidences secondaires et les lits "froids" (logements qui ne sont pas loués et restent vides) n'est pas contestée, a dit le Fribourgeois. Des mesures pour y faire face ont été prises, avec en particulier la révision de la loi sur l'aménagement du territoire, en vigueur depuis juillet.
Nombre de cantons ont également déjà pris des dispositions contre la prolifération de lits froids, a ajouté le conseiller d'Etat bernois Christoph Neuhaus (UDC). Berne a par exemple décidé limiter l'augmentation des résidences secondaires non louées à 40% de la surface totale des logements.
Autonomie communale
Les réglementations décidées par les communes et les cantons sont plus efficaces que les directives abstraites émises par les services fédéraux, a-t-il jugé. Le maire de Saanen (la commune bernoise qui englobe Gstaad), Aldo Kropf, a lui aussi plaidé en faveur de dispositions différenciées tenant compte des diverses réalités des communes.
En fixant un taux maximal de 20% de résidences secondaires par commune, l'initiative restreindrait de manière inacceptable l'autonomie communale, a avertit le conseiller aux Etats Hannes Germann (UDC/SH), président de l'association des communes.
D'ailleurs, le plafond de 20% pourrait inciter les communes qui n'ont pas encore atteint la barre à construire d'autres résidences de vacances, selon lui. "Au lieu de limiter le mitage du territoire, l'initiative le favoriserait" donc, entrant en contradiction totale avec ses objectifs.
ats/dk