Modifié le 23 janvier 2012

Genève: la ville se paie la Tour de l'Île

En achetant la Tour de l'Ile, Genève acquiert un symbole historique.
En achetant la Tour de l'Île, Genève acquiert un symbole historique. [Gaetan Bally - ]
Un des symboles du patrimoine bâti genevois devrait bientôt devenir la propriété exclusive de la Ville de Genève. C'est la rédaction genevoise de la RTS qui le révèle. Sous l'impulsion du magistrat Rémy Pagani, la commune veut racheter à une société bancaire la célèbre Tour de l'Île, un vestige du Moyen-Âge situé en plein coeur de la ville. Il s'agit d'une toute petite opération foncière en mètres carrés, mais un vrai coup symbolique.

A Genève, la Tour de l'Île est un peu l'équivalent de la fameuse "Zytglogge" de Berne: c'est une pièce maîtresse du patrimoine architectural de la ville. En l'occurrence, la Tour de l'Île est le dernier vestige d'un château médiéval. Depuis le 16e siècle, on y a installé une grande horloge qui donne son caractère à l'édifice.


La Ville de Genève détient déjà une partie de la Tour. Le reste appartient à la banque privée Safdié, qui a son siège à cet endroit. Or, l'établissement bancaire vient d'être racheté par la banque israélienne Leumi. Cette opération a donné une occasion en or à la Ville pour reprendre les surfaces qui ne lui appartenaient pas encore.


Une opération à un million et demi

Le transfert coûtera un million et demi à la Ville. L'emplacement et le prestige des locaux valent bien ça, et la banque continuera à louer les locaux, malgré un doublement de loyer. Genève s'intéresse également à l'immeuble adjacent. Il forme un ensemble avec la Tour de l'Île et appartient à la même société.


La Ville va racheter les deux grands appartements qui s'y trouvent - dont celui d'une certaine Martine Brunschwig Graf – pour la somme de 5 millions de francs. Enfin, la Municipalité a obtenu un droit de préemption pendant dix ans pour tout l'ensemble immobilier si la société propriétaire se décidait à vendre.


Un concours de circonstances

La Ville avait déposé un recours pour faire reconnaître que le lot immobilier détenu par la banque Safdié contenait plus de 10% de surfaces de logements, empêchant du même coup son rachat par une société étrangère.


Ce recours menaçait de bloquer toute la transaction de rachat de Safdié par la banque Leumi. Une nouvelle société anonyme a été créée pour s'occuper de ces biens immobiliers. Elle a accepté de répondre aux demandes de la Ville en lui cédant la propriété des appartements et des bureaux concernés.


Le double objectif de Rémy Pagani

Pour l'instant, ces transactions ne sont encore qu'une proposition. Elle a été avalisée par l'exécutif de la Ville la semaine dernière, mais le parlement devrait en être saisi dès le mois prochain.


Le magistrat responsable des constructions, Rémy Pagani, a deux objectifs. Pour lui, la Ville doit devenir le seul propriétaire du monument historique de la cité. Quant aux appartements, hors du marché spéculatif de la vente, ils enrichiront les logements de prestige du parc locatif municipal.


RTS/ Mathieu Cupelin


Publié le 23 janvier 2012 - Modifié le 23 janvier 2012