Mise à jour le 03 novembre 2011

Nouvel évêque pour Lausanne, Genève et Fribourg

Charles Morerod.
Charles Morerod devrait être officiellement présenté jeudi à Fribourg. [orbiscatholicussecundus.blogspot]
Le successeur de Bernard Genoud à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg est connu. Le père Charles Morerod, âgé de 50 ans, a été choisi par le Saint-Siège, a révélé la RSR mercredi. Avant que ce dominicain et théologien de pointe, secrétaire de la commission théologique internationale, ne se présente jeudi aux médias.

Charles Morerod succédera à Bernard Genoud, décédé le 20 septembre 2010 des suites d'un cancer du poumon. Agé de 68 ans, il était à la tête du diocèse depuis 11 ans.

Le nouvel évêque, 50 ans tout juste, est jeune pour la fonction. Il est surtout considéré comme une pointure en théologie. Voilà en résumé son profil.

Le premier élément qui frappe dans cette nomination, c'est qu'après cette longue procédure de sélection, ce n'est pas un prêtre diocésain qui a été retenu pour assumer cette charge épiscopale. Charles Morerod est un religieux dominicain. Il appartient à un ordre qui forme les cohortes de théologiens au service du Saint-Siège et des Universités catholiques. Il assume actuellement la charge de recteur de la prestigieuse Université de "l'Angelicum", à Rome.

Une personnalité rassembleuse

Autre sujet d'étonnement: le Père Morerod, qui avait été le premier choix du Vatican, est confirmé par le Saint-Siège, alors que des sources autorisées faisaient état de fortes pressions de sa hiérarchie pour qu'il continuer à exercer ses fonctions professorales.

Très connu en Gruyère, où il vient régulièrement se ressourcer, le Père Morerod est considéré comme une personnalité joviale et très humaine. Il est doté d'un esprit ironique et même caustique, capable de susciter parfois des réactions pincées dans le clergé: il a ainsi caractérisé l'Eglise de Suisse comme "un peu somnolente et pas particulièrement vivante".

Mais c'est un rassembleur, qui est attendu pour redonner du punch à un diocèse secoué par les affaires de pédophilie chez les ecclésiastiques et un long interrègne.

Pierre Berset/am/olhor

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UN HOMME SIMPLE ET DIRECT

D'entrée de jeu, le nouvel évêque a révélé une de ses facettes lors de la conférence de presse annonçant jeudi à Fribourg sa nomination par le pape Benoît XVI: avant de prendre la parole, il a circulé en toute simplicité dans les rangs des nombreux journalistes pour les saluer et leur serrer la main, faisant même la bise à une connaissance.

Autre preuve d'un style simple et direct: "En toute franchise, j'espérais bien que ce ne serait pas moi", a-t-il dit sur sa nomination. Mais lorsque la question lui a été posée à Rome, il a dit qu'il y avait répondu, il y a déjà bien longtemps en décidant de consacrer sa vie au Christ et à l'Eglise. Il y a des raisons d'être effrayé de recevoir une telle charge sur les épaules, a-t-il reconnu. "Mais en fait je ne le suis pas; j'y vois même des raisons d'être joyeux", a-t-il dit.

Selon lui, un évêque n'est pas seul. Il a une équipe. Il n'a pas encore idée de ce qu'il va entreprendre: dans un premier temps, il va découvrir, écouter et "après on verra, petit à petit". Le nouvel évêque a précisé que jamais avant le 18 octobre, date à laquelle il a été informé de la décision du pape, la question d'une nomination n'a été à l'ordre du jour pour lui, si ce n'est que ça l'a familiarisé avec la pression médiatique.

Il a reconnu que le maître de son ordre était opposé à son départ. Mais le véritable maître d'un ordre religieux est le pape. "Lorsque j'ai accepté, il a aussi accepté".