Le PLR a ainsi lancé en début de semaine une contre-offensive. Michel Halpérin en est l'un des fers de lance."Vous avez dans le même temps l'exemple du couple que forment monsieur Sommaruga et madame Salerno qui vivent ensemble. Ils sont reconnus comme d'immense consciences universelles et cela ne les empêche pas de payer 2000 francs par mois de loyer," a déclaré l'ancien président des Libéraux genevois mercredi à la Radio suisse romande.
En tant que conseillère administrative en charge des finances et du logement de la ville de Genève, Sandrine Salerno préside une année sur deux la caisse de pension du personnel communal. Or, l'élue habite aussi dans un appartement propriété de cette même caisse.
Sandrine Salerno habite un appartement de la caisse de pension du personnel communal qu'elle préside un an sur deux. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Conflit d'intérêt?
La socialiste rejette l'idée d'un conflit d'intérêt. "Je loge aujourd'hui chez mon conjoint qui a eu cet appartement en 2001, soit avant que nous nous connaissions. Je n'étais pas élue au Conseil administratif, je n'étais pas présidente de la caisse de pension du personnel communal. Par ailleurs, même si je suis présidente de la caisse une année sur deux, je ne m'occupe pas des questions immobilières mais me cantonne aux questions financières", assure-t-elle.
Quant à savoir si elle s'est posée la question d'un éventuel déménagement après son élection, Sandrine Salerno indique y avoir réfléchi. "J'essaie de trouver un autre appartement depuis quatre ou cinq ans, mais ce n'est pas facile quand on s'appelle Salerno, qu'on fait de la politique et que son conjoint est l'un des leaders de l'Asloca," indique-t-elle.
Besoin d'exemplarité
Derrière ces passes d'armes entre droite et gauche se cachent de forts soupçons de copinage. La TSR a donc interrogé les élus de la ville, du canton ainsi que la députation genevoise à l'Assemblée fédérale quant à leur condition de logement. Première surprise: le Conseil d'Etat a refusé à l'unanimité de répondre à nos sollicitations. Idem pour Rémy Pagani, conseiller administratif chargé des constructions et de l'aménagement.
Du côté des élus fédéraux, Antonio Hodgers, Martine Brunschwig Graf et Yves Nidegger n'ont pas non plus souhaité s'exprimer. Ce dernier a simplement indiqué détenir un bail pour son logement et un autre pour son étude d'avocat, tous deux étant à loyers libres et conformes aux prix du marché.
La proportion de propriétaires, elle, reflète la moyenne suisse avec environ un tiers des sondés et regroupe majoritairement des hommes et femmes politiques de droite. Quant aux locataires, en fonction de la taille, de l'emplacement et de l'ancienneté du bail, leur loyer reflète globalement la situation genevoise.
Marc Allgöwer/olhor