Des gardes-frontière suisses bientôt en Italie
20.02.2011 22:09L'information a été confirmée jeudi soir par l'Administration fédérale des douanes (AFD): le corps des gardes-frontière suisse a répondu favorablement à une demande de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) afin de participer à l'opération "Hermès", mise en place en raison de l'arrivée massive de réfugiés en provenance d'Afrique du Nord, et notamment de Tunisie.
La Confédération a proposé d'envoyer sur place trois experts: un spécialiste de la vérification des documents, un spécialiste de la surveillance aérienne et un professionnel du contrôle des véhicules, selon Walter Pavel, chef de la communication à l'AFD. La Suisse attend désormais la réponse de Frontex, qui doit dire si elle a besoin de ces compétences. La procédure pourrait aller vite et l'engagement se déroulerait ensuite sous la coordination de Frontex.
Une première qui pourrait faire tache d'huile
Ce "prêt" de gardes-frontière serait une première pour la Suisse, qui s'est engagée à mettre des forces à disposition dans le cadre des accords de Schengen. Cette collaboration a été rendue possible par les derniers accords signés en janvier dernier, précise Walter Pavel. Selon la NZZ am Sonntag, cette première contribution suisse devrait faire tache d'huile.
Citant un porte-parole de Frontex, le journal alémanique affirme que des gardes-frontière suisses seront dépêchés en 2011 dans neuf autres théâtres d'opérations de Frontex. Au total 30 gardes-frontière ont été formés en vue d'interventions à l'étranger. Seuls cinq d'entre eux peuvent cependant être détachés en même temps. Selon le DFF, les coûts liés à la participation de la Suisse à Frontex devraient osciller entre 2,3 et 2,7 millions de francs par an.
Réactions mitigées
L'envoi de personnel suisse ne fait pas que des heureux. Le vice-président de l'UDC Yvan Perrin se montre critique. Plus que le déploiement de trois gardes-frontière suisses en Italie, c'est l'efficacité de l'opération qui est mise en cause. "Prétendre surveiller des milliers de kilomètres est aussi vain que vouloir vider la mer avec une tasse", estime le Neuchâtelois dans Le Matin dimanche.
Président des Verts, Ueli Leuenberger souligne aussi que la pression migratoire va être forte. Mais il déplore le manque de prise en compte de la dimension humanitaire. Même crainte pour le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE). "Malheureusement, on ne parle plus d'accueillir des réfugiés, mais de les refouler immédiatement, avant même qu'ils n'atteignent les côtes", regrette-t-il dans "Le Matin dimanche".
ap/ps