WikiLeaks: les comptes suisses de J.Assange
WikiLeaks, au centre d'un scandale diplomatique en raison de ses dernières révélations, fait figurer sur son site internet une adresse bancaire sous le nom d'"Assange Julian Paul, Genève", un compte ouvert à la PostFinance.
Ce compte est destiné aux "dons directs au Fonds de défense de Julian Assange et d'autres membres de l'équipe WikiLeaks", selon le site. "Maintenant il nous faut regarder si Julian Assange habite vraiment à Genève", a déclaré à l'AFP un porte-parole de PostFinance, Marc Andrey, confirmant des informations de la NZZ am Sonntag.
Vérifications en cours
Au cours du processus de vérification, "on n'a pas trouvé son nom à Genève", a-t-il expliqué. Les recherches vont probablement durer plusieurs semaines et porter aussi sur la correspondance de l’établissement avec Julian Assange, un citoyen australien qui vit actuellement caché, a ajouté Marc Andrey.
Normalement, des comptes bancaires sont accordés à des personnes résidant en Suisse ou à des étrangers ressortissants de pays proches. Quant aux citoyens de pays éloignés comme l'Australie ou les Etats-Unis, ils doivent avoir une relation particulière avec la Suisse, comme par exemple des relations d'affaires ou la possession d'une maison, a affirmé le porte-parole.
Il a refusé de donner des détails sur le compte de Julian Assange, qui est couvert par le secret bancaire suisse. "Nous confirmons qu'il a un compte seulement parce qu'il est publié sur son site web", a-t-il simplement dit. Aux termes des lois contre le blanchiment d'argent, Julian Assange doit fournir l'adresse de son domicile réel.
PayPal, un service de paiement en ligne domicilié aux Etats-Unis, a annoncé vendredi avoir bloqué les transferts financiers au bénéfice de WikiLeaks. PostFinance procède à ces vérifications à cause des répercussions des révélations faites par le site de Julian Assange, mais cela ne signifie pas nécessairement que son compte va être fermé par la banque, a souligné Marc Andrey.
Asile suisse déconseillé
Par ailleurs, suite à la publication par WikiLeaks de documents diplomatiques américains secrets, l'ambassadeur des Etats-Unis à Berne tente de rassurer ses hôtes. Mais Donald S. Beyer déconseille à la Suisse d'accorder l'asile au fondateur de ce site, Julian Assange. La Suisse doit examiner attentivement si elle souhaite accepter quelqu'un qui fuit la justice, déclare Donald S. Beyer dans une interview accordée au journal dominical alémanique "Sonntag". Julian Assange est recherché pour une affaire de viol en Suède.
Donald S. Beyer se démarque, par ailleurs, de son prédécesseur Peter Coneway, qui avait qualifié la Suisse de "démocratie alpine frustrante" dans un protocole écrit en 2008 révélé par WikiLeaks. "Mon épouse et moi n'estimons pas la Suisse frustrante du tout".
Bonne entente, mais...
Son prédécesseur représentait le républicain George W. Bush, lui-même représente l'administration démocrate de Barack Obama: "C'était un autre temps, un autre contexte".
Dans un entretien à la "SonntagsZeitung", l'ambassadeur américain minimise également l'affaire. "Nous n'avons aucun souci à nous faire. Suisse et Etats-Unis savent qu'ils sont proches". Concernant d'autres régions du monde, des mots plus durs ont été utilisés, souligne-t-il. Le représentant des Etats-Unis à Berne considère la collaboration avec les conseillères fédérales Eveline Widmer-Schlumpf, Micheline Calmy-Rey et Doris Leuthard comme "tout sauf frustrante". Il laisse ouverte la façon dont les Etats-Unis réagiraient, si la Suisse accueillait Julian Assange.
agences/cab