La traque au forcené de Bienne continue
09.09.2010 22:50Après avoir fouillé minutieusement la maison du forcené durant toute la matinée, la police a décrété vers midi que l'homme avait bel et bien quitté les lieux. Le dispositif qui avait été renforcé autour de la maison a été allégé pour permettre aux forces de l'ordre de se disperser dans Bienne.
La police a publié une photo de l'homme datée des années 1980. [Police cantonale bernoise]
De nombreux policiers ont été aperçus dans le centre de la ville tandis qu'un groupe de policiers accompagné d'un chien s'est déplacé dans la forêt voisine. En tout, une centaine de policiers sont mobilisés ainsi qu'un hélicoptère de l’armée muni d’une caméra thermique.
"Nous cherchons partout"
"Nous cherchons partout", a souligné François Gaudy, le chef de la police région Jura bernois-Seeland sans plus de détails. Plus d'une centaine d'agents sillonnent les rues de la ville de Bienne. Un avis de recherche national a été diffusé aux polices cantonales. "On doit craindre qu'il soit armé", a expliqué François Gaudy.
Mercredi, des spécialistes de la police ont tenté d'entrer en contact avec le forcené âgé de 67 ans. En vain. Vers 22h30, sept coups de feu ont été tirés. D'autres déflagrations ont été entendues peu après minuit.
Vers 01h00, alors que les forces de l'ordre commençaient à refermer le cercle sur l'homme barricadé, celui-ci est sorti de chez lui. "L'homme est sorti et a tiré plusieurs coups de feu", a finalement reconnu la porte-parole de la police cantonale bernoise Florie Marion. Le forcené a tiré avec un fusil sur une unité de la police cantonale bernoise. L'un des policiers a été visé à bout portant, à la tête. Bien qu'il portait un casque, il a dû être hospitalisé.
La police a décidé de s'aider d'un chien pour mettre la main sur le forcené. [Keystone]
Gros moyens déployés
A ce moment-là, la police est partie de l'idée que l'individu se trouvait encore chez lui. Elle a donc mis l'accent sur l'assaut de la maison. Elle a néanmoins élargi l'étendue des recherches en parallèle. Un hélicoptère Super Puma a ainsi longuement survolé la zone jusqu'à 07h15. L'appareil était muni d'une caméra détectrice de chaleur spécialisée dans le repérage de personnes. Des chiens policiers ont aussi été utilisés.
Ce n'est toutefois que vers 14h00 que les unités d'intervention ont définitivement constaté que l'homme n'était plus là.
La police bernoise, très occupée en raison de la visite d'Etat du président allemand Christian Wulff, a reçu le renfort d'unités d'élite zurichoise et bâloise. Les pompiers ainsi que les ambulanciers, les autorités de l’inspectorat de police de la ville de Bienne et la protection civile ont été mis à contribution.
"Un déploiement policier d'une telle envergure est rare à Bienne", a déclaré la porte-parole de la police cantonale.
Vive émotion parmi les habitants
Ce fait divers a suscité une très vive émotion non seulement dans le quartier des Tilleuls mais également dans le reste de la ville. L'école des Tilleuls qui accueille 330 élèves a été fermée dès la matinée. Les écoliers ont été regroupés et les parents invités à venir chercher leur enfant. A 10h00, l'établissement était vide.
Toujours pour des raisons de sécurité, plusieurs maisons ont été évacuées. Au total près de 40 personnes ont provisoirement été placées dans un abri de la protection civile. En soirée, le dispositif dans le quartier a été fortement allégé, même si des policiers restaient sur place.
Les personnes évacuées ont pu rentrer chez elles jeudi soir, selon des informations recueillies par l'ATS en soirée. A priori, l'école devrait avoir lieu vendredi.
Le coup de folie du forcené, dont l’état mental est jugé instable, avait été déclenché par l'annonce de la vente de sa maison. Le président de l'arrondissement judiciaire avait fait paraître une annonce de mise aux enchères publiques, avec une visite de la maison mercredi justement.
ats/bkel