Moritz Leuenberger avance la date de son départ
10.08.2010 09:31La décision de Moritz Leuenberger répond à des "considérations politiques", a indiqué lundi le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).
En annonçant sa démission au début des vacances d'été pour la fin de l'année, Moritz Leuenberger voulait laisser suffisamment de temps pour la préparation de l'année présidentielle et la répartition des départements, rappelle son département.
Après de fortes pressions
Mais l'annonce de la démission de Hans-Rudolf Merz pour début octobre impliquait d'organiser deux élections lors des sessions d'automne et d'hiver.
La pression sur le ministre s'est accentuée durant le week-end. [DR]
Une seule élection laisserait plus de marge à l'Assemblée fédérale en terme de critères de sélection, que ce soit sur le plan politique et régional, relève le communiqué. Et le Conseil fédéral pourrait ainsi procéder plus facilement à la répartition des départements.
Dès l'annonce du départ de Hans-Rudolf Merz, de fortes pressions se sont manifestées sur Moritz Leuenberger pour qu'il anticipe son départ. Dans un premier temps, il avait toutefois répondu que ce scénario n'était "pas en discussion".
Une élection le 22 septembre?
Moritz Leuenberger demandera au Conseil fédéral de lui confier la direction de la délégation suisse lors de la conférence sur le climat qui se tiendra à Cancun, au Mexique, en décembre, qui lui tient à coeur. Il avait en effet déjà dirigé la conférence préparatoire de Genève.
Les deux présidentes des Chambres fédérales ont pris connaissance lundi de la décision de Moritz Leuenberger, indique un communiqué des Services du Parlement. Elles ont chargé ces derniers de préparer les deux élections complémentaires pour le deuxième mercredi de la session d'automne, soit le 22 septembre.
Le PS se félicite
La décision de Moritz Leuenberger d'avancer la date de son départ du Conseil fédéral est un "signe de grandeur", selon le président du Parti socialiste Christian Levrat. Quant au fait que le PS figurera en pole position lors de l'élection des nouveaux ministres, il s'agit d'un "effet secondaire positif".
Il aura probablement fallu au démissionnaire "un week-end lors duquel il a pesé le pour et le contre" avant de se décider, a indiqué le Fribourgeois. Et d'affirmer que le ministre des Transports n'a subi aucune pression de la part de sa formation politique.
La décision de Moritz Leuenberger prouve son grand "respect pour les institutions". En outre, elle entraîne une conséquence réjouissante pour son parti: le PS aura un avantage lors de l'élection des deux nouveaux conseillers fédéraux, puisque c'est le successeur du Zurichois qui sera élu par l'Assemblée en premier, ancienneté oblige.
Dans un communiqué, le parti de gauche a rappelé que les "données pour la succession de Moritz Leuenberger demeuraient inchangées: les socialistes attendent des candidatures en provenance de Suisse alémanique et italienne et le délai de nomination pour les partis cantonaux reste fixé au 30 août.
Le PLR également satisfait
Le PLR se réjouit que les élections des deux nouveaux conseillers fédéraux puisse avoir lieu simultanément lors de la session parlementaire d'automne. La décision de Moritz Leuenberger d'avancer son départ du Conseil fédéral ne change rien à la stratégie des libéraux-radicaux.
C'est "avec sang-froid" que le PLR a pris connaissance du changement d'avis du ministre des Transports, qui donne pourtant la priorité à l'élection de son successeur, selon le secrétaire général du parti de droite Stefan Brupbacher. Et de préciser qu'en raison du principe de concordance, les libéraux-radicaux ont droit en tant que troisième parti de Suisse à deux sièges au Conseil fédéral.
En ce qui concerne la participation de Moritz Leuenberger au sommet climatique de Cancun (Mexique) en décembre, Stefan Brupbacher souligne qu'il serait "judicieux" de la maintenir, "d'une manière ou d'une autre".
PDC et Verts saluent la décision
La décision du ministre réjouit aussi les autres partis. "Leuenberger est revenu à la raison", a souligné le président du PDC Christophe Darbellay. Une décision qui va dans le sens de la "stabilité politique qui fait le succès de la Suisse". La stratégie du parti n'est néanmoins pas bouleversée par ce retournement de situation, selon le Valaisan.
"Je suis content que Leuenberger ait suivi le conseil de Leuenberger", a plaisanté Ueli Leuenberger. Selon le président des Verts suisses, l'élection simultanée des deux nouveaux ministres permettra de redistribuer rapidement et définitivement - "du moins jusqu'à la fin de la législature" - les départements. Les Verts continueront de leur côté à soutenir les candidatures socialistes.
Pour l'UDC, la question se savoir si les élections se tiennent simultanément ou non est secondaire. "Ce qui nous importe en priorité est la concordance et donc l'obtention pour nous d'un deuxième siège", a dit Martin Baltisser, secrétaire général de l'UDC. Il trouve déconcertant que cet aspect soit pris aussi peu au sérieux et que l'on se livre à des jeux tactiques.
ats/bri/hof