Merz: les Verts et l'UDC briguent le siège vacant
06.08.2010 22:24Les Verts ont dans leurs rangs des personnalités dont les capacités ne sont plus à démontrer, estime le parti.
Outre leurs 24 sièges à l'Assemblée fédérale, les Verts sont présents dans les exécutifs de sept cantons et de 45 communes. La crise économique et la crise climatique plaident aussi pour une présence verte au Conseil fédéral, poursuit le parti écologiste.
Le président des Verts Ueli Leuenberger ne cachent pas les ambitions de son parti. [Keystone]
"Il faut un tournant écologique et social." Les Verts demandent par ailleurs que les élections à la succession de Hans-Rudolf Merz et Moritz Leuenberger aient lieu durant la même session.
L'UDC réclame aussi un autre fauteuil
L'UDC réclame également un deuxième siège. Première force politique du pays, le parti estime qu'il a droit à ce que deux de ses représentants siègent au gouvernement. L'UDC est déjà arrivée à cette conclusion au mois d'avril, écrit- elle dans un communiqué.
Le groupe UDC décidera en détail de sa stratégie face à la situation actuelle de double vacance au Conseil fédéral lors d'une séance agendée le 16 août. L'UDC estime que cette double vacance est aussi l'occasion de discuter de la composition future du Conseil fédéral avec le PS, le PLR et le PDC. Elle invite ces formations à une rencontre avant la fin du mois d'août.
L'UDC est représentée au gouvernement par Ueli Maurer. Jusqu'à la non-réélection de Christoph Blocher en décembre 2007, le parti avait deux sièges au Conseil fédéral. Eveline Widmer-Schlumpf (PBD), qui a succédé à Christoph Blocher, a certes été élue par le Parlement comme représentante de l'UDC, mais elle a depuis été exclue du parti.
Le PDC ne dévoile pas ses intentions
Le PDC refuse pour l'instant de dévoiler ses intentions. Le parti pense que le PLR et le PS ont passé un accord de soutien mutuel pour les successions de Moritz Leuenberger et Hans-Rudolf Merz. "C'est cousu de fil blanc. Et ça ne serait pas la première fois", a déclaré le président du parti Christophe Darbellay.
Le groupe parlementaire se réunira dès le 15 août et fixera sa stratégie à ce moment-là, a ajouté Christophe Darbellay. Le PDC ne veut faire pour l'instant aucun commentaire supplémentaire.
Quant au bilan de Hans-Rudolf Merz, le PDC estime qu'il a été un bon ministre des Finances et le remercie pour son travail. "Mais il a été un président faible, un peu dépassé par les crises libyenne et financière ainsi que les attaques de l'étranger", nuance Christophe Darbellay.
Ce dernier note aussi que c'est un homme qui agit seul. "Son comportement aujourd'hui en est la preuve. Il a annoncé son départ le jour où la présidente de la Confédération Doris Leuthard lance la campagne sur la votation sur la révision de l'assurance chômage", déplore le Valaisan.
Un bilan "globalement négatif"
La bernoise Ursula Wyss n'est pas tendre avec le ministre démissionnaire. [Keystone]
Dans un communiqué, le Parti socialiste tire à boulets rouges sur le bilan "globalement négatif" du grand argentier, en notant qu'il laissera derrière lui toute une série de "problèmes majeurs non résolus".
Et le PS de détailler l'affaire UBS, où "les responsabilités n'ont toujours pas été établies, à commencer par le degré de connivence entre l'UBS, la Finma et le Département fédéral des finances".
Quant à la politique étrangère, "son année présidentielle n'aura pas été marquante", a affirmé Ursula Wyss, présidente du groupe socialiste. Selon elle, le ministre des Finances a joué "un rôle particulièrement malheureux" dans l'affaire libyenne. Le grand argentier s'est également révélé "passif dans le dossier bancaire", conclut la socialiste.
ats/ant