Modifié le 24 juin 2010

Un bateau suisse en partance pour Gaza

La flotille internationale doit partir fin juillet (ici un bateau partant du Liban).
La flottille internationale doit partir fin juillet (ici un bateau partant du Liban). [ - Keystone]
Une embarcation suisse se joindra aux 10 bateaux européens qui partiront fin juillet à Gaza pour pousser Israël à lever le blocus. Cette opération humanitaire se prépare à Genève avec l'ONG pro-palestinienne "Droit pour tous" et l'organisation européenne "Save Gaza".

Annoncée par la TSR le 3 juin dernier, l'information est aujourd'hui confirmée. Soutenus par Ueli Leuenberger, le président des Verts, le popiste vaudois Josef Zisyadis et le socialiste genevois Carlo Sommaruga, les organisateurs s'emploient à financer une opération devisée à 500'000 francs. Transportant du matériel médical, le bateau helvétique, à bord duquel le chanteur Michel Bühler embarquera, partira fin juillet ou début août de Grèce, de Turquie ou d'Italie. 

A l'origine du projet, Anouar Gharbi, 45 ans, un Suisse d'origine tunisienne. Militant de la cause palestinienne, musulman pratiquant et ami proche de l'universitaire Tariq Ramadan, il préside l'association genevoise "Droit pour tous". Il est aussi l'un des trois coordinateurs internationaux de la «Campagne européenne pour la fin du siège à Gaza», à l'origine de la récente «Flottille de la liberté» (voir encadré). 

250'000 francs à trouver

Les organisateurs entendent autofinancer le projet avec des fonds exclusivement suisses. "Les soutiens proviennent de particuliers, de mécènes privés, d'ONG et de collectivités publiques", expliquent Anouar Garbi et Ender Demirtas, organisateur et coordinateur de la flottille helvétique. Mais l’opération étant d'envergure européenne, voire au-delà, d'autres sources de financement ne sont pas exclues, venant notamment de pays sensibles à la cause palestinienne: la Turquie, le Liban et le Venezuela d'Hugo Chavez.

Le conseiller national genevois Carlo Sommaruga insiste sur la nécessité que ce "bateau suisse soit financé exclusivement par de l'argent européen. Si d'autres pays financent des bateaux pour leurs propres ressortissants, c'est différent. C'est un bon choix, car c'est la multiplication de la pression pour qu'on lève ce blocus qui permettra un jour qu'il tombe."

Pour l'heure, les organisateurs ont récolté la moitié des fonds. Des promesses de dons doivent encore se concrétiser. "Une manifestation de soutien le 4 juillet prochain à Zurich permettra de réunir au moins 100'000 francs", espère Anouar Gharbi.

Olivier Kohler

Publié le 24 juin 2010 - Modifié le 24 juin 2010

L'accès à Gaza reste interdit

Israël a averti qu'il empêcherait tout navire de briser le blocus imposé à l'enclave palestinienne.

L'Etat hébreu utilisera "tous les moyens nécessaires" pour arrêter une éventuelle flotille.

"La véritable nature de leur action reste incertaine", a récemment déclaré Gabriela Shalev, ambassadrice d'Israël à l'ONU.

Le 31 mai dernier, l'opération baptisée "flotille de la liberté" a tourné au drame.

Neuf personnes sont mortes au cours de l'intervention de l'armée israélienne venue arraisonner les six navires ravitaillant Gaza.

Des événements qui ont provoqué une tempête médiatique internationale.

L'assaut du commando israélien contre la "flottille de la liberté" a suscité de vives réactions en Europe.
Si la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé à Israël "une enquête complète sur les circonstances" de ce raid, l'Espagne, qui préside le Conseil de l'UE, a qualifié cet assaut "d'inacceptable".