Yvan Perrin quitte la vice-présidence de l'UDC
21.06.2010 10:19La colère du conseiller national, déjà exprimée vendredi à Forum (écouter ci-contre), trouve ses racines dans les volte-face de l'UDC lors de l'accord d'entraide administrative avec les Etats-Unis. "Même si on m'assure que le slalom des dernières semaines n'est pas un problème en Suisse allemande, en Suisse romande, c'en est un", assure-t-il dans les hebdomadaires.
"L'UDC s'est battu pour une commission d'enquête parlementaire, nos conseillers aux Etats se sont prononcés contre elle. L'UDC était contre l'accord, puis a soudain donné son aval, avant de s'abstenir de voter. Comment est-ce que je peux expliquer cela aux gens?", a déclaré Yvan Perrin, l'un des cinq vice-présidents de l'UDC.
Pas content
Dans l'interview parue dimanche, le Neuchâtelois laisse libre cours à sa colère. "Après cette session, c'était définitivement clair pour moi. Je n'investis pas du temps et de l'argent en faveur de mon parti, pour ensuite me faire traiter d'idiot à l'interne".
Yvan Perrin ne veut plus "jouer le rôle d'alibi". [Keystone]
Yvan Perrin a indiqué avoir refusé l'accord avec les Etats-Unis et donné son aval à une commission d'enquête parlementaire. Il a voté oui jeudi à la question du référendum facultatif, malgré la consigne écrite d'abstention reçue le matin du vote et signée du président du parti Toni Brunner et du chef du groupe Caspar Baader.
Freysinger aussi très critique
Interrogé par la TSR, son collègue Oskar Freysinger a dit comprendre la réaction d'Yvan Perrin. "Il en a eu assez d'être réduit à une caisse enregistreuse de l'UDC zurichoise", estime le conseiller nationale valaisan. "Yvan Perrin est un type extrêmement honnête, très droit, et il ne supporte pas ce genre de slalom", ajoute Oskar Freysinger. Il juge également que le revirement UDC sur l'accord UBS est "impossible à expliquer" à la base du parti. "Mais ces débats internes sont nécessaires pour faire avancer un parti. Il faut avoir des voix critiques. Si on suit toujours l'évangile selon saint Christoph, ça ne va pas aller", juge encore le Valaisan.
Interrogé par l'ATS, Jean-François Rime a en revanche indiqué qu'il n'a "rien à dire" sur cette affaire. Porteur de la parole du parti en Suisse romande sur l'accord UBS, il n'a pas non plus souhaité préciser s'il serait candidat à la succession d'Yvan Perrin.
Caspar Baader a indiqué pour sa part ne rien savoir d'une notification formelle de cette démission, ni que quiconque ait traité Yvan Perrin d'idiot. Il entend maintenant prendre langue avec les parlementaires mécontents, le Valaisan Oskar Freysinger ayant également exprimé un certain courroux.
A la télévision alémanique SF et la TSR, Toni Brunner a déclaré qu'Yvan Perrin lui a annoncé sa démission la semaine dernière. Il est parti du principe que le Neuchâtelois allait revenir sur sa décision une fois les esprits calmés: "Je vais chercher le dialogue avec lui", a-t-il promis.
cab avec ats