Max Göldi a été libéré de sa prison libyenne
11.06.2010 14:46"Max Göldi a été libéré aujourd'hui et se trouve actuellement dans un hôtel à Tripoli. Nous sommes en train d'achever les procédures administratives pour qu'il puisse quitter le pays", a déclaré Me Zahaf. Ce dernier prévoit que son client puisse rentrer en Suisse "samedi ou au plus tard dimanche". Condamné à quatre mois de prison pour "séjour illégal" en Libye, le Bernois a été libéré deux jours avant la date annoncée en mai par l'avocat.
La Télévision Suisse Romande a réussi à contacter Max Göldi par téléphone dans son hôtel à Tripoli. Ce dernier a confirmé sa libération, mais a refusé tout commentaire. L'avocat français de l'homme d'affaires suisse, Emmanuel Altit, a lui aussi confirmé que son client était sorti de prison.
Micheline Calmy-Rey remercie l'UE
La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey s'est dite jeudi soir à New York "très heureuse" de la libération de Max Göldi. Elle est confiante sur un retour du ressortissant suisse dans les prochains jours tout en précisant qu'il ne fallait pas être trop optimiste comme il n'y a pas de garanties.
La ministre a évoqué une étape et espère qu'il puisse rentrer à la maison le plus rapidement possible et retrouver sa famille. La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a également remercié "nos partenaires de l'UE, en première ligne l'Espagne et l'Allemagne, pour leur soutien". Selon elle, ses homologues de ces deux pays Miguel Angel Moratinos et Guido Westerwelle sont très engagés et le soutien de l'UE est très utile.
Crise diplomatique
L'employé d'ABB avait été arrêté en 2008 en représailles à l'arrestation musclée d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008, sur une plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements. Après 53 jours en prison, Max Göldi et un autre Suisse, Rachid Hamdani, avaient été libérés mais interdits de quitter le territoire libyen. Ils s'étaient alors réfugiés à l'ambassade helvétique à Tripoli. Rachid Hamdani a pu quitter la Libye le 23 février, tandis que Max Göldi a quitté le même jour l'ambassade pour se rendre aux autorités libyennes et purger sa peine de prison.
Hannibal Kadhafi et Max Göldi lors d'une rencontre en mars dernier. [Reuters]
L'"affaire Hannibal" a envenimé les relations entre Tripoli et Berne. En réaction à la détention de ses deux ressortissants, la Confédération helvétique, membre associé de l'espace Schengen, avait décidé en 2009 de restreindre, pour l'élite libyenne, l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen, impliquant ainsi l'Union européenne dans ce contentieux.
Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen. Ces mesures avaient provoqué la colère de plusieurs capitales européennes et finalement une médiation de Bruxelles. L'UE et Tripoli avaient fini par annoncer la levée réciproque des restrictions à l'octroi de visas.
La Libye avait déjà pris en 2008 des mesures de rétorsion à l'encontre de la Suisse, retirant ses avoirs des banques suisses, et expulsant les sociétés helvétiques installées en Libye, outre l'annonce de l'arrêt de ses exportations de pétrole vers la Confédération. En mars, Tripoli a même annoncé en mars un "embargo économique total" sur la Confédération.
Conséquences commerciales
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont fortement ralenti à la suite de la crise. Les achats de pétrole à la Libye se sont ainsi effondrés de 80% en 2009 par rapport à l'année précédente, selon l'administration fédérale des douanes.
Signe de ce refroidissement des relations sur le plan commercial, les exportations suisses vers la Libye ont chuté de 44,7% en 2009 par rapport à 2008, et les importations de produits libyens en Suisse ont baissé de 78,4% à 718 millions de francs, selon les statistiques des douanes helvétiques.
agences/dk