Mise à jour le 28 juin 2010

UBS: partis et gouvernement sont toujours divisés

L'UDC est contre l'accord sur l'UBS et les mesures d'accompagnement, en particulier sur la question des bonus.
L'UDC est contre l'accord sur l'UBS et les mesures d'accompagnement, en particulier sur la question des bonus. [Keystone]
La partie de poker concernant l'accord sur l'UBS conclu avec les Etats-Unis continue. Le Conseil fédéral a appelé vendredi tous les partis gouvernementaux à approuver le texte au Parlement. Les formations politiques ont toutefois campé sur leurs positions.

Les entretiens de Watteville réunissant les partis gouvernementaux et une délégation du Conseil fédéral ont permis d'approfondir les positions des uns et des autres et de clarifier certains points. "Mais ils n'ont pas permis de progrès substantiels", a résumé au nom des partis le président des socialistes Christian Levrat.

Feuille de route sur les bonus

Le gouvernement a décidé de soumettre au Parlement une feuille de route contraignante sur des mesures pour résoudre la question des bonus excessifs des managers et celle des entreprises "trop grandes pour faire faillite". Les sept sages devraient l'adopter dans une ou deux semaines, a annoncé à la presse leur vice-président Moritz Leuenberger. Le gouvernement fait ainsi un pas vers le PS qui refuse de donner son aval à l'accord s'il n'est pas assorti de mesures d'accompagnement.

Pour Christian Levrat, cela ne suffit pas encore. "Tout dépendra de la feuille de route", il faut qu'elle soit contraignante pour que le lobby bancaire ne puisse pas torpiller les exigences. Et le socialiste d'évoquer une "responsabilité partagée" des partis en renvoyant la balle aux autres formations.

Cinq semaines pour trouver un consensus

L'UDC est contre l'accord et les mesures d'accompagnement, en particulier sur la question des bonus. Quant aux PLR et PDC, ils ne souhaitent pas que les mesures proposées par le Conseil fédéral soient liées à l'approbation de l'accord, a relevé Christian Levrat. Ils se sont donc opposés au principe d'une feuille de route lors des entretiens. Selon lui, l'accord conclu avec les Etats-Unis n'est pas encore condamné pour autant. Il reste environ cinq semaines avant son traitement par le Parlement et d'ici là, "passablement d'eau va couler sous les ponts".

Le 19 août 2009, la Suisse s'est engagée à traiter en un an une demande d'entraide administrative américaine portant sur 4450 cas de soustraction fiscale présumée. Suite à une invalidation partielle par le Tribunal administratif fédéral en janvier, un protocole a été signé et le dossier nécessite l'approbation du Parlement.

ats/hof

Ueli Maurer n'a pas défendu les propositions chocs révélées jeudi

Ueli Maurer n'a pas défendu vendredi lors des entretiens de Watteville les propositions contenues dans le document sur l'armée qui a fait l'objet d'une fuite la veille.

Les partis ont fait part de leur irritation sur le mode de communication "choisi ou subi" par l'administration, a expliqué en leur nom le président du PS Christian Levrat devant la presse. Ils auraient préféré que les propositions soient suffisamment consolidées et qu'il y ait un interlocuteur pour les défendre.

Plus clément, le vice-président du Conseil fédéral Moritz Leuenberger a jugé qu'il devait être possible dans une démocratie de débattre sur des esquisses de projets et des idées. Et de marteler que le document sur lequel la discussion s'est basée n'était ni une proposition officielle du Département fédéral de la défense, ni une décision du gouvernement.

Le DDPS a quant à lui reconnu que les propositions ont été formulées de manière provocante. Le document propose notamment de ne plus légitimer en premier lieu l'armée par sa capacité à conduire une guerre ainsi que de réduire les effectifs d'au moins un quart.