La Suisse décide d'assouplir le secret bancaire
28.06.2010 11:31Le gouvernement a décidé de retirer la réserve formulée en 2005
aux règles de l'OCDE sur l'assistance administrative en matière
fiscale, a indiqué le président de la Confédération Hans-Rudolf
Merz vendredi devant la presse. Mais pas question d'aller jusqu'à
un échange automatique d'informations. Les réactions en Suisse et à l'étranger
sont
nombreuses.
L'assouplissement voulu par le Conseil fédéral permettra un
échange d'informations élargi mais strictement limité au cas par
cas et basé sur des demandes «fondées et concrètes». Pour ce faire,
pas besoin de changer la loi.
Le Conseil fédéral va réviser les conventions contre la double
imposition passées avec plus de 70 pays. Il faudra engager des
dizaines de négociations. Cela prendra du temps, a reconnu le
ministre des finances évoquant un délai de deux à trois ans.
Référendums possibles
Les brèches se multiplient dans le secret bancaire en
Europe. [Reuters]
Le Conseil fédéral va réviser les
conventions contre la double imposition passées avec plus de 70
pays. Il faudra engager des dizaines de négociations. Cela prendra
du temps, a reconnu le ministre des finances évoquant un délai de
deux à trois ans.
Pour les Etats qui le souhaiteront, la Suisse ne fera plus la
distinction entre fraude et évasion fiscale (une différenciation
qui sera maintenue pour les clients domiciliés en Suisse). Toute
convention devra passer par le Parlement, qui peut la soumettre au
référendum facultatif.
Les tenants du secret bancaire pur et dur pourraient alors en
référer au peuple, a précisé le grand argentier. Et si un «non»
sort des urnes, le Conseil fédéral devrait «définir une nouvelle
politique». Hans-Rudolf Merz s'est refusé à avancer un ordre de
priorité pour les pays avec lesquels la Suisse va renégocier.
Contreparties attendues
Le gouvernement pose en revanche d'ores et déjà une série
d'exigences pour ces discussions. Il demande des solutions
transitoires équitables. Concrètement, le Conseil fédéral ne veut
pas que les nouvelles règles aient un effet rétroactif pour les
actuels clients de banques suisses domiciliés à l'étranger. «On
peut appeler ça une amnistie», a reconnu M. Merz.
Autres conditions posées: une protection des droits de procédures,
une limitation aux impôts tombant sous le coup de la convention et
l'élimination de traitements discriminatoires.
Liste noire
Vaduz avait annoncé jeudi un assouplissement de son
secret bancaire. [Keystone]
Hans-Rudolf Merz espère que la
Suisse évite ainsi de figurer sur la liste noire des paradis
fiscaux de l'OCDE. Y apparaître serait non seulement «dommageable
pour la place financière suisse mais aussi pour la place économique
dans sa totalité».
Le grand argentier s'est dit convaincu que la place financière
saura se réinventer et adopter une nouvelle stratégie. Elle a
d'autres atouts: la stabilité politique et la compétence reconnue
des banquiers helvétiques.
Pour le reste, le Conseil fédéral n'entend rien céder sur un
éventuel échange automatique des données bancaires. Vu l'ampleur
des informations concernées, cette procédure est ingérable, a tenu
à commenter le grand argentier.
Hans-Rudolf Merz a en outre martelé que le geste fait vendredi
n'entraînait aucun changement pour les contribuables résidant en
Suisse. Pour eux, le secret bancaire est maintenu.
Concernant l'accord sur la fiscalité de l'épargne passé avec
l'Union européenne, le Conseil fédéral est d'avis qu'il devra être
adapté. Le ministre des finances a refusé de donner davantage de
détails lorsqu'il a été interrogé par les médias sur la possibilité
que la retenue à la source prévue dans ce traité soit étendue aux
entreprises.
ats/nr/cer