Registre pédophile: le gouvernement contre
28.06.2010 12:11L'idée émanait de la conseillère nationale Natalie Rickli (UDC/ZH), pour qui la prévention, des sanctions plus sévères et l'internement ne suffisent pas.
Attiser les peurs
Tant les parents que les écoles devraient pouvoir obtenir
librement et gratuitement des informations (nom, domicile,
physionomie) sur les pédophiles résidant dans le voisinage. Sa
motion a été signée par 71 députés, dont plusieurs des autres
partis.
L'exigence d'intégrer ce type de données personnelles et de les
rendre largement accessibles pose problème au gouvernement. Il y a
fort à craindre que la diffusion de ces informations n'attise les
peurs de la population et rende la vie impossible aux délinquants
sexuels qui ont purgé leur peine, relève-t-il dans sa réponse
publiée jeudi.
Le risque reste inconnu
Même si elles étaient publiées sur Internet, ces données ne
permettraient pas de connaître le risque effectif auquel un enfant
est exposé. Une personne condamnée ne représente pas un plus grand
danger si elle vit dans le voisinage que si elle se trouve à 30
kilomètres.
Par ailleurs, des enquêtes ont montré que le taux de récidive des
auteurs d'actes d'ordre sexuel est «nettement inférieur» à ce qui
est communément admis. Sans compter qu'un registre spécial
n'offrirait aucune protection contre les pédophiles potentiels ou
non encore condamnés.
Le Conseil fédéral juge donc que la proposition de Natalie Rikli
est discutable, coûteuse et n'apporterait rien par rapport au
système en vigueur (voir ci-contre).
ats/cer