Modifié le 28 juin 2010

La grippe aviaire se rapproche de la Suisse

Poules en liberté, arrestations et Tchernobyl
Grippe aviaire: poules toujours confinées alors que le virus a été détecté à la frontière allemande [Keystone]
(24 février 2006) Après la découverte d'un cas de grippe aviaire près du lac de Constance en Allemagne, la Suisse envisage de définir une zone de protection sur son propre territoire. Il s'agit d'abord d'établir si le canard contaminé a été découvert à moins de dix kilomètres de la frontière suisse, a expliqué vendredi Marcel Falk, porte-parole de l'Office vétérinaire fédéral (OVF).

Le canard sauvage porteur du H5N1 a été découvert sur la rive
allemande, dans le land du Bade-Wurtemberg, a indiqué vendredi
l'Institut de santé vétérinaire Friedrich-Loeffler. Il n'a
toutefois pas encore été déterminé s'il s'agit de la forme
hautement contagieuse du virus ou de la variante plus faible, a
précisé une porte-parole. Les résultats de l'analyse sont attendus
pour lundi.





Tous les élevages de poulets se situant dans un périmètre de trois
kilomètres de diamètre seront contrôlés. Aucun transport de
volailles n'est autorisé. Des bassins de désinfection doivent être
installés dans la zone à risque.

Cantons voisins: pas informés

Alors que l'Allemagne voisine s'agite, les cantons limitrophes
de St-Gall et Thurgovie n'étaient pas encore informés
officiellement vendredi matin du cas de grippe aviaire découvert au
lac de Constance. Ils n'ont pris encore aucune mesure. «Il n'y a
aucune raison de paniquer», a indiqué à l'ATS l'adjoint du
vétérinaire cantonal st-gallois, Markus Seiler.

Pour l'Office vétérinaire fédéral, ce nouveau cas de grippe
aviaire en Allemagne montre que ce n'est qu'une question de temps
avant que l'on découvre un oiseau sauvage contaminé par le virus
H5N1 en Suisse. La Suisse reste néanmoins épargnée. Depuis octobre,
87 oiseaux morts ont été examinés et aucun n'était infecté par le
virus.

Programme de surveillance

En avril, l'Office vétérinaire fédéral (OVF) lancera un
programme de surveillance sur les exploitations avicoles,
indique-t-il sur son site internet. Le but est d'identifier
l'éventuelle apparition de formes «bénignes» ou «faiblement
pathogènes» du virus de la grippe aviaire avant qu'il ne devienne
virulent.





L'OVF avait déjà mené en automne un programme de surveillance des
oiseaux migrateurs et aucun cas de grippe aviaire n'avait été
détecté. Au printemps, des échantillons seront de nouveau prélevés
sur les oiseaux migrateurs - passereaux et oiseaux aquatiques - sur
le Bolle di Magadino au Tessin.

Appel à la prudence

L'office continue en tout cas d'en appeler à la prudence: même
si la découverte d'un oiseau mort n'a rien d'exceptionnel, il est
possible que des oiseaux sauvages atteints par le virus H5N1
fassent aussi leur apparition en Suisse.





En cas de découverte d'un cygne ou de plusieurs autres oiseaux
morts, il ne faut pas les toucher mais signaler immédiatement ces
cas suspects au vétérinaire cantonal. Celui-ci décidera ensuite de
la procédure à suivre et enverra le cas échéant l'animal au
laboratoire de référence à Zurich.





Agences/nh

Publié le 26 février 2006 - Modifié le 28 juin 2010

La situation en Allemagne

La maladie a été déjà décelée dans deux Länder du nord de l'Allemagne.

Le virus H5N1 s'est par ailleurs étendu vendredi à l'Etat régional du Schleswig-Holstein, dans le nord-ouest de l'Allemagne.

Le Schleswig-Holstein, situé près du Danemark, est limitrophe du Mecklembourg-Poméranie occidentale, où étaient enregistrés jusqu'à présent tous les 110 cas de grippe aviaire.

Du côté français

Les dindes mortes dans l'Ain, département français jouxtant la Suisse, étaient bien porteuses du virus H5 «hautement pathogène», a annoncé vendredi le ministre français de l'Agriculture Dominique Bussereau.

Ce premier cas suspect de virus H5N1 de la grippe aviaire en France avait été signalé jeudi dans un élevage du centre-est du pays, dont la dizaine de milliers de dindes ont été abattues.

Les deux seuls cas de virus H5N1 en France avaient été confirmés la semaine dernière sur des canards sauvages.