Modifié le 28 juin 2010

Le Conseil fédéral refuse d'interdire la burqa

Pour le gouvernement, la burqa permet à certaines femmes d'avoir une vie sociale.
Pour le gouvernement, la burqa permet à certaines femmes d'avoir une vie sociale. [Reuters]
Le Conseil fédéral reste opposé à une interdiction du port de la burqa, vu le peu de femmes concernées en Suisse. Pas question non plus de différencier les femmes résident en Suisse et les touristes, a annoncé le gouvernement vendredi.

Etablir un distinguo entre les femmes résidant en Suisse et les
touristes ne semble guère praticable et ne serait pas sans poser
des problèmes d'égalité de traitement, écrit le gouvernement dans
sa réponse à une interpellation du conseiller national Christophe
Darbellay (PDC/VS).





Le Conseil fédéral ne voit en outre aucune analogie entre la burqa
et l'interdiction de manifester cagoulé prévue par maints
cantons.

Intégration

Quant à savoir si le port du voile intégral nuit à l'intégration
des musulmanes concernées, il est partagé. Le fait pour une
personne de masquer totalement son visage réduit le contact visuel
ce qui peut constituer un obstacle à son intégration. Mais cela
permet aussi à des femmes d'accéder plus facilement à l'espace
public car, sans voile, elles resteraient cloîtrées chez elles,
estime-t-il.





Le gouvernement estime à moins d'une centaine le nombre de
musulmanes voilées de la tête au pied.

Rien sur les imams

En réponse à Ulrich Schlüer (UDC/ZH), le gouvernement explique
par ailleurs qu'il refuse de publier son rapport de janvier 2008
sur les imams car il est uniquement destinés aux "décideurs chargés
de la politique de sécurité" et contient des informations relevant
des services de renseignement.





Et de noter qu'une partie des constatations faites dans ce
document ne sont plus d'actualité.





ats/bri

Publié le 26 février 2010 - Modifié le 28 juin 2010

Une artiste tente la burqa

Bérengère Lefranc, artiste athée qui s'attache au concept de corps montré et dérobé, a fait l'expérience de porter une burqa pendant un mois.

Le but de cette expérimentation n'était non pas de vivre comme une musulmane, mais d'échapper au regard des autres, pouvait-on lire dans Le Temps mercredi.

C'est pourquoi elle avait confectionné elle-même son costume avec une amie couturière, le trouant même au niveau de la bouche pour pouvoir fumer, indiquait Marianne en janvier.

Durant son expérience, l'artiste française a tenu un journal de bord, qu'elle a alimenté chaque jour. Elle écrit: «Je souhaitais ne plus être vue. On ne m'a jamais tant regardée et si peu parlé.»

Ou encore «Là-dessous, je suis coupée de tout. Je vois mal. Je n'entends pas bien. J'ai chaud. Je ne sens rien des odeurs du dehors. Je ne sens plus que mon odeur qui en devient insupportable.»

Bérengère Lefranc ne veut pas qu'on légifère sur la burqa. Mais elle déplore les contradictions de cet habit qui peut servir à soumettre. L'artiste a depuis écrit un livre, "Un voile".

Son expérience n'a pas échappé à la critique de certains médias français. "Tester le principe d'invisibilité, ce n'était ni le bon moment, ni le bon vêtement", avait estimé Marianne.