Prévoyance professionnelle: campagne lancée
28.06.2010 12:36La révision, qui vise à abaisser le taux de conversion
permettant de calculer les rentes du 2e pilier, est importante pour
l'avenir de la sécurité sociale, a dit le conseiller fédéral lundi
devant la presse. Le but est de réduire les prestations afin de
tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et de la baisse
des rendements sur le marché des capitaux.
En clair, le taux de conversion, qui est aujourd'hui de 7%,
devrait tomber à 6,4% d'ici 2016. Pour un capital LPP de 100'000
francs, par exemple, la rente passerait de 7000 francs par an à
6400 francs pour les futurs rentiers.
Référendum de la gauche
Le projet est combattu par un référendum de la gauche, des
syndicats et d'organisations de défense des consommateurs.
«Dire non à la baisse du taux de conversion, c'est opter pour
l'insécurité et jouer au casino avec les rentes», a estimé le
nouveau ministre des affaires sociales. Pour faire face aux
engagements financiers, les caisses de pension devraient effectuer
des placements risqués, d'après lui.
Au vu du vieillissement de la population, le maintien du statu quo
nécessiterait un rendement des avoirs de près de 5%, ce qui est
impossible avec des placements sûrs, aux yeux du radical. De toute
façon, le taux de conversion est déjà en train de baisser pour
atteindre 6,8% d'ici 2014.
Pour les jeunes
«Ce premier pas ne suffit pas», a martelé Didier Burkhalter. Au
nom de la solidarité entre générations, afin d'éviter que les
jeunes ne doivent payer pour les retraités, il faut aller plus
loin. Les personnes qui touchent actuellement une rente du 2e
pilier ne seraient de toute façon pas concernées.
Doris Leuthard a elle aussi abondé en ce sens. «La prospérité
économique de notre pays est en danger», selon la conseillère
fédérale. Le gouvernement et le peuple ne peuvent cautionner un
refus de corriger le système qui pourrait avoir de graves
conséquences pour les caisses de pension et les avoirs
vieillesse.
L'alternative à l'adaptation du taux de conversion serait de
ponctionner davantage les salaires des travailleurs. Cette
redistribution serait injuste puisque les jeunes actifs encourent
actuellement plus de risques de tomber dans la pauvreté que les
nouveaux retraités.
Pour les futurs rentiers, la réduction du taux de conversion est
financièrement supportable. Avec l'AVS, l'obtention d'un revenu
correspondant à 60% de l'ancien salaire demeure assuré, a affirmé
Didier Burkhalter.
ats/cab