Contacts tous azimuts avant les fuites de WikiLeaks, mise en garde de Washington
28.11.2010 14:06Les Etats-Unis ont rejeté samedi soir toute négociation avec Wikileaks sur la diffusion de millions de documents secrets américains, en affirmant que le site internet spécialisé les détenait en violation de la loi américaine et que c'était une démarche "dangereuse".
"Nous ne nous engagerons pas dans une négociation sur la diffusion ou la divulgation de documents confidentiels américains obtenus illégalement", a écrit le conseiller juridique du département d'Etat, Harold Koh, dans une lettre adressée au fondateur du site, Julian Assange, et à son avocat, remise aux médias.
"Comme vous savez, si n'importe lequel de ces documents que vous prétendez publier a été fourni par des responsables gouvernementaux, ou par quelque intermédiaire que ce soit sans l'autorisation appropriée, il l'aura été en violation de la loi américaine et sans considération pour les graves conséquences de ce geste", indique M. Koh. "La violation de la loi persiste aussi longtemps que Wikileaks détient ce matériel", a-t-il écrit.
Selon des responsables américains, Julian Assange a envoyé une lettre au département d'Etat vendredi dans laquelle il tente de donner une réponse aux craintes des Etats-Unis que la diffusion de ces documents ne mette des personnes en danger.
Dans sa lettre, le fondateur du site indique vouloir des informations sur les personnes qui pourraient être "mises en danger de façon significative" à cause des actions de WikiLeaks, ont indiqué ces responsables.
La publication imminente de ces documents donnait la migraine à de nombreux gouvernements alors que Washington a multiplié les contacts avec ses partenaires pour amortir le choc.
Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat, a appelé vendredi les dirigeants français, afghans, émiratis, britanniques et chinois pour le sprévenir du contenu possible des câbles diplomatiques dont le site internet est en possession.
WikiLeaks disposerait de près de 3 millions de documents de toutes sortes émanant des ambassades américaines dans le monde entier: analyses, compte-rendu de réunions avec des dirigeants étrangers, notes diverses...
Selon le site internet français owni.fr, bien informé sur WikiLeaks, le New York Times, le Spiegel, le Guardian, El Pais et Le Monde publieront leurs premières analyses des documents dimanche à partir de 22H30 heure de Paris (21H30 GMT).
"On s'attend toutefois à des fuites avant cette heure", a déclaré un dirigeant d'owni à l'AFP.
Les Etats-Unis ont rejeté samedi soir toute négociation avec Wikileaks sur la diffusion de millions de documents secrets américains, en affirmant que le site internet spécialisé les détenait en violation de la loi américaine et que c'était une démarche "dangereuse". Ces papiers confidentiels étaient destinés à l'usage exclusif du gouvernement américain et le département d'Etat met en garde depuis des jours contre les risques que leur publication présente pour les Etats-Unis et leurs alliés.
Dans un entretien que CNN doit diffuser dimanche, dont l'AFP a obtenu la transcription, le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen, a qualifié les agissements de WikiLeaks d'"extrêmement dangereux".
La démarche de WikiLeaks "est un obstacle absolu à ma fonction, qui est de pouvoir discuter en confiance avec les gens", a jugé James Jeffrey, ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad.
A Moscou, le quotidien Kommersant a aussi affirmé que les fuites comportaient des appréciations "désagréables" qui pourraient blesser Moscou.
Selon une source officielle britannique, une partie des documents pourrait faire l'objet de "notes-DA". Selon ces accords volontaires, les médias acceptent de ne pas publier certaines informations jugées sensibles sur les opérations militaires et de renseignement.
Parmi les sujets susceptibles de figurer dans les fuites figurent le Proche-Orient, mais aussi l'Afghanistan et l'Irak, deux pays déjà au centre des précédentes fuites organisées par WikiLeaks.
Et à en croire le site internet owni.fr, "entre 500 et 1.000 mémos concerneraient directement la France".
Selon des informations de presse, les nouvelles révélations porteraient notamment sur une aide de la Turquie aux militants d'Al-Qaïda en Irak et un soutien des Etats-Unis (contre la Turquie) aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) réfugiés en Irak.
Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, qui a nié en bloc toute aide à Al-Qaïda, mais aussi l'existence d'un désaccord avec les Etats-Unis à propos du PKK, arrive ce week-end à Washington pour une visite de quatre jours.