Modifié le 12 janvier 2018

L'OFSP se défend de limiter le contact entre le médecin et le patient

Une consultation médiale est-elle limitée à 20 minutes?
20 minutes ou pas 20 minutes? On en parle / 11 min. / le 12 janvier 2018
La nouvelle structure tarifaire médicale et sa limite de 20 minutes de consultation ont fait couler beaucoup d'encre. L'OFSP assure pourtant que le contact entre médecin et patient "n'est pas limité à 20 minutes". On en parle fait le point.

La mesure a été introduite par la nouvelle structure tarifaire (Tarmed), entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Pour répondre aux principales questions soulevées, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a publié mercredi un communiqué intitulé "Le contact entre le médecin et le patient n'est pas limité à 20 minutes".

Mais, comme expliqué la semaine dernière dans l'émission On en parle de la RTS, certains praticiens ont annoncé, par des affichettes dans leurs salles d'attente, que chaque consultation devait être consacrée à un seul "problème".

Alors, la consultation de base est-elle limitée ou non? "Vous commencez votre visite médicale avec une consultation de base, une première enquête, qui a toujours été limitée à 20 minutes" depuis l'introduction de Tarmed en 2004, explique Sandra Schneider, cheffe de la division prestations de l'OFSP, vendredi dans l'émission On en parle.

"Mais il y a d'autres prestations qui peuvent s'ajouter: peut être un examen physique ou une radiographie", précise-t-elle. Des prestations qui sortent du cadre de la consultation ordinaire et qui peuvent donc être facturées en sus.

"Tous les dépassements doivent être justifiés"

"Tous les dépassements par le médecin doivent pouvoir être justifiés, si nécessaire, auprès de l'assurance, qui les contrôle", ajoute Sandra Schneider.

Et si l'assurance refuse de prendre en charge ces prestations? "Le patient doit payer d'après la structure tarifaire (...). Tout ce que le médecin fait en plus, c'est lui qui doit l'assumer".

Ce qui a changé au 1er janvier 2018, c'est que la limitation vaut désormais pour tous les médecins et les services hospitaliers ambulatoires.

Augmentation des facturations "inexplicable"

Pour l'OFSP, ces changements engagent la responsabilité des médecins et les pousse à réduire les incitations inopportunes. "On a constaté entre 2012 et 2015 que certaines positions ont vraiment pris l'ascenseur. Il y a une augmentation des facturations qui n'est pas explicable par l'état de santé de la population", estime Sandra Schneider.

Elle explique que ces "excès" sont "difficiles à chiffrer", mais donne l'exemple des prestations facturées en l'absence du patient, qui ont pratiquement doublé depuis 2004. "Entre 2012 et 2015, on en a vu une augmentation de 70% dans les hôpitaux et de 43% chez les spécialistes", ajoute-t-elle.

Propos recueillis par Julien Schekter et Théo Chavaillaz

Adaptation web: Jessica Vial

Publié le 12 janvier 2018 - Modifié le 12 janvier 2018