Modifié le 29 janvier 2018

Les plantes changent d'altitude et les espèces du haut sont défavorisées

Des renoncules alpestres (Ranunculus alpestris).
Des renoncules alpestres (Ranunculus alpestris), l'une des espèces qui a perdu une importante plage d'altitude. [Wikipedia]
Le réchauffement contraint les plantes alpines à migrer vers le haut. S'ensuit une concurrence accrue dont les perdantes sont les plantes de hautes altitudes, selon une étude suisse publiée dans la revue PNAS.

Une équipe de l'Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage, avec des confrères de l'Université de Vienne, a étudié l'aire de répartition de 183 plantes. Les scientifiques ont comparé des observations menées sur plus de 1500 sites en Suisse, Autriche, Italie, Allemagne et Slovénie entre 1911 et 1970, ainsi qu'à l'époque actuelle.

En un siècle, l'aire de répartition de ces plantes s'est déplacée de 20 à 35 mètres vers le haut. Une majorité d'entre elles a également profité du surcroît de chaleur et de nutriments pour proliférer.

Vitesse différentes

Ce mouvement ascensionnel se déroule cependant à des vitesses différentes selon les espèces. Celles de plus basse altitude "montent" plus vite, repoussant celles d'altitudes plus élevées qui réagissent plus lentement aux modifications climatiques.

Environ 20% des espèces, adaptées aux sites pauvres en nutriments des hautes altitudes, se révèlent les perdantes de cette évolution, conclut le WSL.

ats/kkub

Publié le 29 janvier 2018 - Modifié le 29 janvier 2018

Les plantes de hautes altitudes, ces grandes perdantes

Les scientifiques ont identifié 33 espèces, comme l'aster des Alpes, qui sont les perdantes de ce processus. Elles occupent désormais un espace réduit par rapport au début des relevés.

La renoncule alpestre a vu sa limite inférieure monter de 385 mètres en moyenne tandis que la limite supérieure ne progressait que de 21 mètres. Résultat: une perte d'un tiers de sa plage d'altitude par rapport au début du XXe siècle. Pour l'anémone des Alpes, cette perte atteint même 43%, sa frontière supérieure étant descendue de 12 mètres.

Les espèces des étages inférieurs qui colonisent ces espaces feront en grande majorité partie des gagnantes.