Modifié le 14 juin 2018

La fonte des glaces en Antarctique s'est accélérée de façon spectaculaire

Un lac formé par la fonte des glaces sur l'Ile du Roi George en Antarctique.
Un lac formé par la fonte des glaces sur l'Ile du Roi George en Antarctique. [Mathilde Bellenger - AFP]
L'Antarctique a perdu 3000 milliards de tonnes de glace depuis 1992. Cette tendance s'est accélérée de façon spectaculaire au cours des cinq dernières années, selon une étude parue mercredi.

Avant 2012, le continent blanc situé au pôle Sud perdait environ 76 milliards de tonnes de glace annuellement, ont calculé les 84 scientifiques qui ont participé à cette étude de référence parue dans Nature. Depuis cette date, ce chiffre a bondi à 219 milliards de tonnes par an.

Autrement dit, depuis cinq ans, les glaces fondent à un rythme presque trois fois plus élevé qu'avant. Cette découverte devrait dissiper les doutes sur le fait que l'Antarctique fond rapidement et représente une menace pour des centaines de millions des personnes vivant dans des zones basses côtières, soulignent les auteurs de l'étude.

Une sonnette d'alarme

"Nous avons maintenant une image sans équivoque de ce qui se passe en Antarctique", souligne Eric Rignot, principal coauteur de l'étude et chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. "Nous considérons ces résultats comme une sonnette d'alarme supplémentaire pour agir, afin de ralentir le réchauffement de notre planète", insiste le scientifique.

ats/ebz

Publié le 14 juin 2018 - Modifié le 14 juin 2018

90% des glaces terrestres

Recouverte à plus de 98% par des glaces permanentes - l'inlandsis - l'île-continent, entourée par l'océan Austral, représente 90% des glaces terrestres et recèle la plus grande réserve d'eau douce de la planète. Si toute cette masse de glace fondait, cela ferait grimper le niveau des océans de presque 60 mètres.

Jusqu'à présent, les scientifiques peinaient à déterminer si l'Antarctique avait gagné en masse grâce aux chutes de neige ou en avait perdu à cause de la fonte des glaces ou la séparation d'icebergs. Mais plus de deux décennies d'observations satellitaires ont permis d'avoir une vue plus complète.