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Futur antérieur

Publié le 13 mai 2018

La fin de la récréation pour les drones a bientôt sonné

Les drones ont envahi notre ciel en quelques années seulement. Pour l'instant ils volent en toute liberté, mais la fin de la récréation a bientôt sonné avec une législation qui se précise. Et dans le même temps, ses usages ne cessent de se diversifier, d'outil de loisir à la surveillance de la faune, en passant par les livraisons ou le divertissement du public.

Une série de Futur antérieur réalisée par Jean de Preux

  • Episode 1

    La Grande Foire du drone

    De 300 grammes à 30 kilos pour les plus grandes machines, le cap des 100'000 drones grand public, sillonnant les cieux helvétiques a été allégrement franchi en fin d'année dernière. Si malgré leur nombre, ces engins circulent pour l'instant librement ou presque, l'office fédéral de l'aviation civile entend dès l'an prochain les encadrer. Sous pression européenne, en Suisse aussi, pour piloter un drone il faudra montrer patte blanche. Dès 2019, il faudra, en fonction des catégories, passer une sorte de licence pour voler. Un test théorique et pratique sera imposé.

    Pour l'heure, en dessous de 30 kilos, il n'y a aucune obligation de formation. Certains ressentent pourtant déjà le besoin d'approfondir leurs connaissances, histoire de mieux maîtriser ces engins. Des écoles de pilotage sont d’ailleurs déjà à leur disposition.

    La formidable évolution de ces engins

    En l'espace de quelques années seulement, les machines ont connu de formidables mutations. Le potentiel d'évolution semble quasiment infini. Une certitude la période simplement ludique du drone touche à sa fin, on est résolument entré dans l’ère du drone "utile". De la prise de vue à la thermographie en passant par le contrôle de structure, le transport ou le sauvetage, il est devenu un outil de travail à part entière.

    Sacha Vandermeulen, chargé de formation auprès de l'académie du drone Fly and Film, et Dextor, pilote de compétition.
    Jean de Preux - RTS
    Futur antérieur - Publié le 07 mai 2018

  • Episode 2

    Des drones sauveurs de faons

    Dans les semaines à venir, les chevrettes, les femelles du chevreuil, vont mettre bas. Pour les faons nouvellement nés c'est une période à haut risque qui commence. Chaque année en Suisse plus de 3000 d'entre eux succombent à la fauche des agriculteurs. Pour tenter de réduire cette hécatombe, les chasseurs se sont lancés dans des opérations de prévention à grande échelle.

    Et c'est là qu'intervient notre drone. Muni d'une caméra thermique, il va tenter de détecter les animaux présents dans la prairie avant la fauche. Pour une surface de 10 hectares, pour laquelle il fallait compter une matinée de battue, 10 minutes de vol suffiront. Par écran interposé, le drone repère les points chauds. Une personne se rend ensuite à pied dans la parcelle, à l’endroit indiqué afin de vérifier si c’est un faon à sauver.

    Des opérations plébiscitées par les paysans

    L'intervention des chasseurs et de leurs pilotes de drones -aujourd'hui plus d'une vingtaine à disposition rien que dans le canton de Vaud - est plébiscitée par les agriculteurs. Les 3000 paysans vaudois ont récemment reçu une proposition de ce service gratuit. 600 se sont inscrits. Il faut dire que rien que l’an dernier sur la Côte, le contrôle par le ciel de 47 parcelles a permis de sauver 32 faons. Un ratio certes prometteur. Mais, à titre de comparaison, il faut savoir que rien que dans le canton de Vaud, le trafic routier fait lui annuellement 1000 victimes parmi les chevreuils.

    Fabrice Lombard et Raymond Bourguignon de Sauvetage Faons Vaud.
    Julien Tinner - RTS
    Futur antérieur - Publié le 08 mai 2018

  • Episode 3

    Pack Drone, la livraison du futur

    Le drone surveille, renseigne, filme, cartographie mais il transporte aussi.

    Mais pas de n'importe quelle manière, le Pack Drone, c’est son nom, imaginé par Zemyslaw Kornatowski de l'EPFL, est susceptible de révolutionner la logistique d'envois spéciaux. Si Google et Amazon travaillent d’arrache-pied sur la question du drone de transport, à l’EPFL on a imaginé une machine d’un nouveau type qui peut être utilisée à proximité immédiate de personnes et ceci en toute sécurité. C’est que les 4 hélices de la machine et le colis à transporter sont dans une cage en fibres de carbone. Une sorte de lampion mais totalement ajouré, imaginé sur le principe de l'origami qui peut donc se réduire jusqu’à 10% de son volume et qu’on peut ensuite ranger n’importe où, jusque dans son sac à dos.

    Il se veut le complément de la livraison, le dernier segment de la logistique du transport. L'engin conçu pour transporter des colis jusqu'à 500 grammes sur de courtes distances, promet de ne jamais être coincé dans le trafic, d'éviter tous les obstacles et d'atteindre n'importe quelle destination même sur des terrains escarpés.

    Un drone entièrement autonome

    Le Pack est équipé d'un logiciel particulièrement intelligent qui le rend totalement autonome. La double application qui lui sera associée permettra soit d’être envoyeur du drone, soit receveur. Ce dernier passera commande, l’envoyeur propriétaire lui du drone en question, la lui fera parvenir. Un système qui ressemble furieusement au modèle d'Uber mais pour les drones. Il a d’ailleurs été imaginé comme tel.

    A préciser que ce drone de transport encore au stade de prototype, va dans moins d'une année être produit à grande échelle par dronistics, une start up issue de l'EPFL.

    Le Pack Drone.
    Jean de Preux - RTS
    Futur antérieur - Publié le 09 mai 2018

  • Episode 4

    Un dompteur de drone sous le chapiteau.

    L'ultime "faux-bourdon" de la série c'est sous un chapiteau que nous l’avons trouvé. C'est dire si les drones sont aujourd'hui partout. En l'occurrence c'est au Cirque Helvetia de la dynastie Maillard, actuellement en tournée en Suisse Romande, que nous l’avons débusqué. Le cirque de Moudon qui après plus de 40 ans de tournées a décidé de donner une nouvelle tournure à ses représentations. Fini les spectacles avec des animaux. Un drone pourrait les remplacer. Encore fallait-il trouver l'oiseau rare capable d'affronter ce curieux animal qui répond au doux nom de Bebop, de le dompter... et c'est Jean Esteban qui a relevé le défi. Il a imaginé son spectacle, vérifié ce qui était possible d’être fait sous un chapiteau avec un drone sur le plan technique mais aussi sur le plan légal vis-à-vis du public.

    Au départ il avait imaginé faire évoluer plusieurs drones dans l’arène, comme on le ferait avec des chevaux par exemple. Et puis pour donner davantage d’identité à son numéro, il a opté pour une seule machine. Si sur la piste Jean Esteban semble contrôler son drone infernal, c'est grâce à sa compagne Morgane, qui elle pilote bel et bien l'engin depuis la coulisse. Il lui a d’ailleurs fallu une bonne année d’exercices pour totalement maîtriser l’engin.

    Et la magie du cirque

    Les nouvelles technologies ont certes définitivement investi tous les pans de notre société... mais en l'occurrence, un drone sous chapiteau, est-ce que ça ne casse pas un peu la magie du cirque. Une crainte qui n'a pas échappé à Julien Maillard, directeur du cirque Helvetia, mais quand il a vu la complicité que le dompteur a réussi à créer avec sa machine, il a été totalement rassuré.

    Un dompteur de drone sous le chapiteau!
    Jean de Preux - RTS
    Futur antérieur - Publié le 11 mai 2018

  • L'invité

    L'interview d'Olivier Glassey

    Les drones partent à la conquête de l'espace urbain. 100'000 engins volent dans le ciel suisse. Ils peuvent nous espionner, mais ils permettent aussi de décentrer notre regard.

    >> Entretien avec Olivier Glassey, sociologue et spécialiste des nouvelles technologies:

    Olivier Glassey, sociologue à l'Université de Lausanne.
    Vincent Veillon - RTS
    Futur antérieur - Publié le 13 mai 2018